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06/05/2012 03:26 EDT | Actualisé 05/07/2012 05:12 EDT

Iran: le second tour des législatives confirme l'écrasante domination des conservateurs

Le second tour des élections législatives iraniennes qui s'est tenu vendredi a confirmé l'écrasante domination des conservateurs au pouvoir, selon les résultats publiés dimanche par les médias.

Avant le scrutin, 65 des 290 sièges du Majlis, le Parlement iranien, restaient à pourvoir à l'issue du premier tour qui avait déjà vu, le 2 mars, une large victoire des différentes factions conservatrices qui se partagent le pouvoir en Iran.

Les réformateurs, qui ont largement boycotté le scrutin pour protester contre la répression dont ils ont été victimes après la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009, n'ont obtenu que deux sièges au second tour, selon un décompte de l'agence Fars.

Ils n'ont plus que 21 sièges dans le nouveau Majlis, contre 60 dans l'Assemblée sortante.

Les deux principales alliances conservatrices en compétition, le "Front uni des conservateurs" (opposés au président Ahmadinejad) et le "Front de la persistance de la révolution islamique" (plutôt favorable au président), ont emporté 44 sièges au second tour, selon Fars.

Ces deux coalitions hétéroclites devraient dominer le futur Majlis, avec 65 sièges pour le Front uni, 25 pour le Front de la persistance et 61 pour des députés présentés simultanément par les deux groupes --une particularité de la politique iranienne.

Par ailleurs, 98 députés ont été élus comme "indépendants" face aux candidats présentés par ces deux coalitions. Beaucoup sont inconnus, mais au moins une dizaine d'entre eux sont clairement conservateurs.

Cinq députés représentent les minorités reconnues (chrétiens, juifs et zoroastriens), les quinze derniers se répartissant entre divers groupuscules conservateurs.

Si la quasi-totalité des nouveaux élus se réclament du Guide de la République islamique Ali Khamenei, ces résultats ne permettent pas de discerner le rapport de force entre partisans et opposants au président Ahmadinejad, d'autant que le Parlement a été très largement renouvelé avec 196 nouveaux élus.

Le centre de gravité du futur Majlis dépendra largement des alliances que les "indépendants" passeront avec le Front uni ou le Front de la persistance, ainsi que du choix des élus présentés simultanément par les deux coalitions de siéger plutôt avec l'une ou l'autre, estiment les analystes.

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