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06/05/2012 02:35 EDT | Actualisé 06/07/2012 05:12 EDT

François Hollande devient président de la France

PARIS - François Hollande a été élu au deuxième tour de l'élection présidentielle française.

Mais les résultats, après le dépouillement de 95,63 pour cent des boîtes de scrutin, sont plus serrés que les sondages le prédisaient. Le candidat du Parti socialiste récoltait alors 51,62 pour cent des voix, contre 48,38 pour le président sortant Nicolas Sarkozy.

L'abstention et le vote blanc s'élevaient à 18,91 pour cent.

Le candidat du Parti socialiste, âgé de 57 ans, deviendra le septième président de la Ve République, le premier socialiste après François Mitterrand, qui avait effectué deux mandats entre 1981 et 1995.

Selon M. Hollande, qui a parlé depuis Tulle, en Corrèze, les Français ont opté pour le changement en l'élisant. Il s'est engagé à servir son pays avec «le dévouement et l'exemplarité que requiert cette fonction». Il a salué Nicolas Sarkozy qui, ayant dirigé la France pendant cinq jours, «mérite notre respect».

Le prochain président s'est dit fier d'avoir redonné espoir aux Français mais il a ajouté que cet espoir devait celui de la dignité.

Aux électeurs qui n'ont pas voté pour lui, il a assuré qu'il sera le président de tous les Français, ajoutant qu'il n'avait pas deux France qui se faisaient face mais une seule nation avec un même destin.

Selon lui, le premier devoir du président est de rassembler chaque citoyen et de l'associer dans l'action commune dans les défis futurs: «redressement de notre production pour sortir notre pays de la crise, la réduction de nos déficits pour maîtriser la dette, la préservation de notre modèle social, l'égalité entre nos territoires, l'exigence environnementale, la transition énergétique et la réorientation de l'Europe pour l'emploi pour la croissance pour l'avenir».

M. Hollande a demandé à être jugé sous deux critères: la justice et la jeunesse.

Les milliers de sympathisants de François Hollande qui s'étaient rassemblés devant le siège du Parti socialiste à Paris ont hurlé de joie lorsqu'a été annoncée sa victoire sur Nicolas Sarkozy dimanche soir.

A 20h, lorsque l'écran géant installé rue de Solférino a retransmis les premiers résultats du second tour de la présidentielle, une clameur s'est élevée de la foule, sur laquelle étaient lancés des confettis bleu-blanc-rouge.

Les militants et sympathisants socialistes ont agité leurs drapeaux "François Hollande 2012", tandis que certains brandissaient des roses rouges, symboles du parti, et que d'autres faisaient le signe V de la victoire avec leurs doigts.

Nicolas Sarkozy, qui a dû rappeler ses partisans à l'ordre, a rapidement concédé la victoire à son adversaire. Lors d'un discours prononcé peu après l'annonce des premières estimations, il a dit avoir téléphoné à François Hollande pour lui souhaiter bonne chance «au milieu des épreuves». Après avoir affirmé qu'il s'agissait d'un vote démocratique et républicain, il a pris toute la responsabilité de sa défaite, ajoutant que sa place ne pourra plus être la même et qu'il «redeviendra un Français parmi les Français».

Le président sortant, qui semblait ébranlé mais s'est néanmoins montré digne, a rappelé «qu'il y a quelque chose de beaucoup plus grand que nous, c'est la France». Il a affirmé que son attachement pour le peuple français était plus fort.

Le candidat du Front de gauche au premier tour, Jean-Luc Mélenchon, a qualifié la défaite de Nicolas Sarkozy «d'événement considérable», souhaitant «le meilleur» au président-élu François Hollande, pour lequel il avait appelé à voter au second tour de la présidentielle.

L'ex-sénateur socialiste, qui était arrivé quatrième du premier tour avec 11,11 pour cent des voix, a souhaité avoir «un mot d'amitié, de chaleur pour ceux qui, pendant cinq ans, ont résisté, les syndicalistes, et puis pour mes quatre millions d'électeurs qui, eux, ont fait leur devoir et sans lesquels cette soirée n'était pas possible».

Jean-Luc Mélenchon n'a pas oublié de féliciter aussi François Hollande.

La dirigeante du Front nationale, Marine Le Pen a estimé que les dirigeants de l'UMP portaient «la responsabilité de l'échec de leur camp» au second tour de la présidentielle et a appelé à l'élection de députés «marinistes», «ni complices ni soumis», aux prochaines législatives de juin.

Pour l'ex-candidate du Front national, arrivée troisième du premier tour avec 17,9 pour cent des suffrages et qui avait annoncé qu'elle voterait blanc, «ni l'un ni l'autre (des deux finalistes) n'était capable d'avoir le courage, la lucidité, la fermeté pour mettre en place le redressement de notre pays».

Sans commenter l'élection de François Hollande, la présidente du FN s'en est prise sur TF1 aux dirigeants de l'UMP, «qui n'ont eu de cesse, entre les deux tours, d'expliquer que, somme toute, voter socialiste, ce n'était pas si mal, que c'est d'ailleurs ce qu'ils appelleraient à faire dans des duels avec le Rassemblement bleu marine» aux législatives des 10 et 17 juin.