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06/05/2012 11:26 EDT | Actualisé 06/07/2012 05:12 EDT

Bahreïn: un militant important en garde à vue pour insulte aux autorités

Nabil Rajab, un important militant bahreïni des droits de l'Homme, a été placé dimanche en garde à vue pour une semaine dans le cadre d'une enquête pour "insulte à des représentants de l'ordre" sur Twitter, a annoncé à l'AFP son avocat, Mohamed al-Jishi.

Président du Centre bahreïni des droits de l'Homme, M. Rajab avait été arrêté samedi soir à son retour au pays en provenance de Beyrouth. Il a été interrogé dans l'après-midi au parquet qui a ordonné son placement en garde à vue pour une durée de sept jours, a expliqué Me Jishi.

"Le procureur général a ordonné l'arrestation de Nabil Rajab et des procédures légales ont été engagées contre lui", a indiqué le ministère de l'Intérieur dans un communiqué, sans donner de précisions.

Selon des militants, la justice reproche à M. Rajab des critiques formulées à l'encontre du ministère de l'Intérieur sur le réseau social de Twitter.

Le militant a rejeté l'accusation comme "une entrave à son action en matière de défense des droits de l'Homme et à l'exercice de sa liberté d'expression et d'opinion", a rapporté son avocat.

En outre, M. Rajab a comparu dans la matinée devant un tribunal de Manama pour une autre affaire dans laquelle il est accusé de "participation à une réunion illégale et appels à s'y joindre", selon son avocat et son organisation.

Une nouvelle audience a été fixée au 22 mai dans cette affaire.

Dans un communiqué, la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) a appelé à "la libération immédiate et inconditionnelle de M. Rajab", son secrétaire général adjoint, dénonçant un "harcèlement judiciaire" qu'elle assimile à une sanction contre ses activités militantes.

L'arrestation de M. Rajab a été également dénoncée par le Wefaq, le principal mouvement de l'opposition chiite, qui a évoqué dans un communiqué un "acte irréfléchi et illégal puisqu'il sanctionne le principe de la liberté d'expression".

M. Rajab et son association défendent la contestation animée par les chiites, majoritaires dans la population, contre la dynastie sunnite au pouvoir. Il avait déjà été arrêté au début de la contestation au printemps 2011, qui a été relancée un an plus tard pour demander des réformes politiques.

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