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29/04/2012 10:28 EDT | Actualisé 29/06/2012 05:12 EDT

Télescopage réussi à l'Opéra de Washington pour "Nabucco"

Des Hébreux à Babylone, des Italiens en marche vers l'unité et un public américain qui chante dans la langue de Verdi: l'Opéra national de Washington (WNO) a réussi samedi soir un grand télescopage spatio-temporel avec une nouvelle production de "Nabucco".

L'opéra de Giuseppe Verdi (1813-1901) narre l'exil des Hébreux déportés à Babylone par le roi Nabuchodonosor au VIe siècle avant notre ère. Mais lors de sa première en 1842 à l'opéra de Milan, l'oeuvre avait avant tout été perçue comme un plaidoyer pour la liberté de l'Italie, dont le nord était alors occupé par l'Autriche.

Pour remettre "Nabucco" dans son contexte du XIXe siècle, le metteur en scène américain Thaddeus Strassberger a donc recréé sur scène le décor et l'ambiance qui devaient être ceux de la Scala lors des premières représentations de l'opéra de Verdi: des dames en crinoline s'installent dans des loges, agitant leur éventail sous le regard inquisiteur de soldats autrichiens qui semblent prêts à intervenir en cas de débordement.

Le public de 2012 se retrouve ainsi invité à suivre le récit biblique avec le regard des Milanais de 1842.

Comme le veut la tradition, le chef d'orchestre Philippe Auguin, directeur musical du WNO et de l'Opéra de Nice, bisse le "Va pensiero...", le célébrissime choeur des Hébreux pleurant leur patrie occupée.

Puis interrompant les acclamations à la fin du spectacle, la cantatrice hongroise Csilla Boross, qui tient le rôle d'Abigaïlle, fille présumée de Nabucco, se lance a capella dans une nouvelle reprise de "Va pensiero". Aidé par le surtitrage en italien, le public washingtonien reprend en choeur, comme défiant les soldats autrichiens qui semblent dépassés par cette soudaine ferveur patriotique...

Dotée d'une voix puissante, Csilla Boross a eu droit à une ovation debout, de même que le bariton italien Francesco Vassalo, qui tient le rôle titre aux côtés de la Française Géraldine Chauvet (Fenena, fille de Nabucco).

Le WNO, qui n'avait jamais monté "Nabucco", présente l'oeuvre de Verdi jusqu'au 21 mai.

bar/sf