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29/04/2012 01:12 EDT | Actualisé 29/06/2012 05:12 EDT

Soudan: l'Etat du Nil Blanc expulse 12.000 Sud-Soudanais (médias)

Le gouverneur de l'Etat du Nil Blanc, un Etat soudanais frontalier du Soudan du Sud, a donné un délai d'une semaine à 12.000 Sud-Soudanais pour quitter le pays, a rapporté dimanche l'agence de presse officielle soudanaise Suna.

"Le gouverneur de l'Etat du Nil Blanc, Youssef al-Chambali, a confirmé avoir fixé au 5 mai le délai pour le départ des Sudistes qui attendent à Kosti" dans l'Etat du Nil Blanc, sur une aire de repos, selon Suna.

"La présence de Sudistes à Kosti menace la sécurité et le climat pour les habitants de Kosti", a-t-il dit.

Certains sont installés depuis des mois dans des abris de fortune à Kosti, entre Khartoum et la frontière sudiste, en attendant de pouvoir partir par barge affrétée par l'OIM pour leur transfert au Soudan du Sud sur le Nil Blanc.

Ils font partie de quelque 350.000 Sud-Soudanais, selon des chiffres de l'ambassade du Soudan du Sud à Khartoum, se trouvant toujours au Soudan après la date limite du 8 avril fixée par Khartoum pour leur départ du pays ou la régularisation de leur situation.

Jill Helke, la chef de la mission locale de l'Organisation internationale pour les Migrations (OIM), a déclaré à l'AFP que l'ordre du gouverneur compliquait encore plus la situation concernant le transfert des milliers de Sud-Soudanais de Kosti.

L'OIM a des fonds pour le transfert de 7.000 personnes par barge "et je pense que si on procède vite, nous pouvons obtenir des fonds pour le transfert des 5.000 autres", a-t-elle expliqué.

Si le gouverneur a ordonné le départ des 12.000 Sud-Soudanais, leur mouvement est une question du ressort de l'autorité fédérale.

Le chargé d'Affaires du Soudan du Sud, Kau Nak, a affirmé à l'AFP que les barges attendaient le "feu vert" de Khartoum: "Bien-sûr, il y a un élément de méfiance entre le Sud et le Nord".

Il a ajouté que Khartoum exigeait des assurances sur le fait que les barges ne transportent pas des équipements militaires à leur retour après avoir déposé leurs passagers.

Le diplomate sud-soudanais a souligné que le gouvernement de Juba avait affirmé aux autorités soudanaises "qu'il s'assurerait qu'il n'y aurait pas la moindre balle à bord de ces barges".

Depuis l'an dernier, l'OIM a aidé au transfert de plus de 23.000 Sud-Soudanais, la plupart par barge.

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