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29/04/2012 02:18 EDT | Actualisé 29/06/2012 05:12 EDT

RDC: violents affrontements entre l'armée et des soldats ex-rebelles

Des affrontements violents opposent des soldats, ex-rebelles, qui ont fait défection de l'armée congolaise début avril dans l'est de la RD Congo aux forces loyalistes, provoquant des déplacements de population, a-t-on appris dimanche de source militaire.

"De violents affrontements à l'arme lourde sont en cours près de Mweso (province du Nord-Kivu, est) entre les soldats ayant quitté l'armée et les forces loyalistes", a déclaré à l'AFP par téléphone un commandant des Forces armées (FARDC) qui participe aux combats et n'a pas pu fournir de bilan.

Début avril, plus d'une dizaine d'officiers supérieurs, ex-membres de la rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), ont quitté les rangs avec quelques centaines d'hommes dans les provinces instables du Nord et du Sud-Kivu (est).

Depuis, plusieurs officiers ont réintégré leurs unités ou se sont rendus, et seuls quelques-uns étaient "traqués" par les FARDC, selon un militaire. Le président Joseph Kabila s'est par ailleurs rendu aux Kivu pour rappeler les troupes à l'ordre et menacer de sanctions en cas de nouvelle "indiscipline".

"Une centaine de personnes ont fui Mweso en direction d'un autre village, Kitshanga", à une vingtaine de kilomètres, a indiqué le commandant pendant l'entretien téléphonique, lors duquel on pouvait entendre des coups de feu.

D'autres déplacés ont notamment fui de Mushaki à Goma, capitale du Nord-Kivu. Plusieurs dizaines de femmes avec des enfants et des bagages ont expliqué avoir fui Mushaki lorsque les affrontements entre armée et mutins se sont durcis, a constaté le correspondant de l'AFP à Goma.

Les soldats qui ont fait défection sont proches de Jean-Bosco Ntaganda, ex-chef d'état-major du CNDP, et ont été intégrés comme lui dans l'armée régulière début 2009 après un accord de paix avec Kinshasa.

Officiellement chargé de l'intégration des ex-rebelles, le général Ntaganda était en fait le numéro 2 des opérations dans l'est où les civils sont victimes d'exactions et condamnés à des déplacements incessants.

Dans un rapport publié fin 2011, des experts mandatés par l'ONU notaient "la persistance, dans l'est, de structures de commandement parallèles (au sein de l'armée) dans lesquelles" le haut-gradé jouait "un rôle de plus en plus important".

Habituellement basé à Goma, il possède une ferme dans le territoire de Masisi -où les combats ont éclaté- et il y serait retourné depuis plusieurs jours, selon des sources militaires. Connu aussi sous le surnom de "Terminator", il est visé depuis 2006 par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour enrôlement d'enfants quand il était dans une autre milice au début des années 2000.

Le procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo a annoncé mi-mars qu'il allait demander un nouveau mandat d'arrêt contre lui pour des crimes supplémentaires de viols et meurtres, commis, selon des ONG des droits de l'homme, quand il était au CNDP et depuis son intégration dans l'armée.

Kinshasa a toujours refusé d'arrêter Jean-Bosco Ntaganda, en invoquant la paix. Mais lors de sa récente visite à Goma, le président Joseph Kabila a légèrement changé de ton, même s'il se refuse de céder à la "pression internationale".

"Cette indiscipline qui s'est manifestée dans l'armée, cette fois-ci je viens régler ça. A la prochaine, que ce soit Bosco Ntaganda ou n'importe quel autre officier, ils seront arrêtés et déférés devant la justice", avait-il mis en garde.

str-hab/jms