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29/04/2012 01:32 EDT | Actualisé 29/06/2012 05:12 EDT

Présidentielle: Hollande veut "une belle victoire"

PARIS - François Hollande s'est offert dimanche après-midi un beau meeting à Paris à une semaine d'un second tour où il espère "une belle victoire". A cette occasion, le candidat socialiste a expliqué qu'il voulait reconquérir les électeurs "en colère" sans "se compromettre" avec les idées d'extrême droite. Et de souhaiter que la gauche recueille le 6 mai une adhésion suffisamment large pour réorienter l'Europe vers plus de croissance.

Le député de Corrèze a été acclamé par les milliers de sympathisants — 22 000 selon son équipe de campagne — qui étaient venus l'écouter au Palais omnisports de Paris-Bercy.

"Je veux une belle victoire", leur a-t-il lancé lors de son dernier grand meeting dans la capitale avant le second tour qui l'opposera le 6 mai prochain au président sortant Nicolas Sarkozy. Il a critiqué la stratégie de séduction employée par le candidat UMP à l'égard des électeurs de Marine Le Pen.

"La victoire, je la veux (...) Mais je ne la veux pas à n'importe quel prix, pas celui de la caricature, du reniement, du mensonge", a déclaré François Hollande. "Oui, je veux reconquérir les hommes et les femmes en colère. Mais promettre pour se compromettre, mille fois non!".

Le candidat socialiste est arrivé en tête du premier tour dimanche dernier avec 28,63 pour cent des voix, devant M. Sarkozy (27,18. La candidate du Front national Marine Le Pen s'est placée troisième avec 17,90 pour cent des suffrages.

Le président-candidat a notamment repris jeudi une proposition de Marine Le Pen: la "présomption de légitime défense" pour les policiers. Outre cette adaptation programmatique, son adversaire socialiste lui reproche d'employer une rhétorique proche de celle du FN.

"Qu'on n'aille pas nous faire dire que parce qu'il y aurait des résidents étrangers qui voteraient aux élections municipales, la viande halal serait servie à tous les repas dans les cantines!", s'est emporté M. Hollande. Il a fustigé "ceux qui jouent avec le feu", "ceux qui font peur avec une religion qu'ils regardent avec méfiance".

Dans cette campagne, a assuré l'ex-Premier secrétaire du PS, "je n'ai pas misé sur je ne sais quel ressentiment, rancune, je ne sais quelle obsession. J'ai refusé de flatter les sentiments médiocres, de pratiquer les surenchères sur chaque thème". La France ne s'est pas bâtie "sur la peur de l'autre, sur le repli, sur la frilosité, sur la nostalgie", a-t-il plaidé.

M. Hollande a par ailleurs insisté sur la dimension européenne de la présidentielle française. L'un de ses porte-parole, Bernard Cazeneuve, a souhaité que la victoire de François Hollande soit "significative" pour permettre "d'engager l'Europe sur un autre chemin".

"Vous Français, citoyens de France, vous allez à la fois porter un message pour vous-mêmes (...) et en même temps dire à l'Europe qu'elle doit être à nouveau orientée vers la croissance, le progrès, l'avenir", a déclaré M. Hollande à ses partisans.

Le candidat socialiste a affirmé avoir constaté un changement d'attitude sur sa proposition de renégocier le traité européen de stabilité pour y ajouter un volet croissance. "Je sens les positions, y compris des chefs de gouvernement conservateurs, évoluer en fonction des pronostics", s'est-il félicité. "On nous dit même qu'il y aurait déjà des textes qui circuleraient entre les différentes chancelleries et les gouvernements pour prendre un certain nombre d'initiatives en matière de croissance".

François Hollande a salué la foule en brandissant une bannière tricolore dans une main et un drapeau tricolore dans l'autre. Après avoir serré des mains, il est remonté sur scène pour un rappel de dix minutes au cours duquel il a sonné la mobilisation. "Tenez bon! Ne lâchez rien!", a-t-il demandé à ses sympathisants, leur promettant de revenir à Paris le 6 mai, après avoir voté à Tulle (Corrèze).

Avant son discours en deux parties, des musiciens se sont succédé sur scène. Les Neg'Marrons ont commencé leur prestation par "Le bilan" et, après quelques autres chansons, ont salué en lançant: "Qui ne change rien n'a rien", se réappropriant le slogan de la campagne socialiste, "Le changement, c'est maintenant". "Sarkozy, non merci!", a également commenté Sanseverino sur scène, avant de céder le micro à la chanteuse franco-israélienne Yael Naim.

Dans les gradins VIP, l'acteur Vincent Lindon était assis entre Valérie Trierweiler, la compagne de François Hollande, et Cécile Duflot, la secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV). Les humoristes Guy Bedos et Gérald Dahan étaient présents, ainsi que les comédiens Josiane Balasko, Jeanne Balibar, Fanny Cottençon, Gérard Darmon, Pierre Arditi, la réalisatrice Tonie Marshall, les chanteurs Jacques Higelin et Catherine Lara, l'ancien footballeur Vikash Dhorasoo ou encore l'ancienne miss France Sonia Rolland.

Du côté des politiques, on notait la présence de Ségolène Royal, la candidate du PS à la présidentielle de 2007 et ancienne compagne de François Hollande, assise à côté d'Eva Joly, l'ex-candidate d'EELV.