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29/04/2012 02:38 EDT | Actualisé 28/06/2012 05:12 EDT

Procès Bemba/CPI : la parole aux représentants des victimes dès mardi

La Cour pénale internationale (CPI) commencera mardi à entendre des témoignages de victimes des crimes contre l'humanité dont est accusé l'ancien chef rebelle puis vice-président de la République démocratique du Congo (RDC) Jean-Pierre Bemba en Centrafrique.

Deux personnes prendront la parole à la barre pour témoigner des viols, pillages et meurtres que la milice du Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba aurait commis entre octobre 2002 et mars 2003 en Centrafrique, a indiqué à l'AFP l'un des représentants légaux des victimes, Marie-Edith Douzima-Lawson.

La CPI a autorisé 2.287 victimes à participer à la procédure, un chiffre record. En comparaison, dans le procès contre l'ancien chef de milice congolais Thomas Lubanga, reconnu coupable de crimes de guerre le 14 mars dans le premier jugement émis par la CPI, les victimes autorisées à participer à la procédure étaient au nombre de 129.

"Le nombre des victimes autorisées à participer à la procédure indique l'échelle à laquelle les crimes ont été commis", souligne Mme Douzima-Lawson.

"Le viol a été utilisé comme arme de guerre à part entière dans le but de punir la population civile soupçonnée de complicité avec les rebelles centrafricains", explique-t-elle.

La milice du MLC était venue en République centrafricaine pour soutenir les troupes du président Ange-Félix Patassé, en butte à une rébellion menée par le général François Bozizé.

"Pas de victimes, pas de procès", affirme Mme Douzima-Lawson : "le fait que les victimes puissent s'exprimer en tant que participants au procès, et non comme de simples témoins de l'accusation, rend le procès réel".

Selon Karine Bounneau, de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), la voix des victimes est une "voix différente" : "ce sont les premières personnes concernées", souligne-t-elle à l'AFP.

"La participation des victimes dans ce genre de procès, quand ce n'est pas un ++simple meurtre++ mais des crimes de masse, est encore un nouveau concept", a estimé Parampreet Singh, conseillère dans le cadre du programme justice internationale d'Human Rights Watch (HRW).

"Les victimes ne sont pas juste des instruments du bureau du procureur", a-t-elle ajouté, se référant au fait que la CPI est la première instance de justice internationale à reconnaître aux victimes le droit de participer à la procédure et de déposer leurs observations.

"Des erreurs ont été faites et seront encore faites mais c'est important d'améliorer le système pour que plus de victimes puissent témoigner, que plus de victimes soient au courant de cette possibilité pour que la justice internationale ait du sens", a souligné Mme Singh.

mbr/jpc