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29/04/2012 04:11 EDT | Actualisé 29/06/2012 05:12 EDT

Livres incinérés: des milliers de Mauritaniens manifestent contre une ONG anti-esclavagiste

Des milliers de Mauritaniens en colère ont manifesté dimanche soir à Nouakchott pour exiger "vengeance" contre des militants anti-esclavagistes, accusés d'avoir fait brûler des livres religieux justifiant l'esclavage et interpellés, a constaté un correspondant de l'AFP.

Les manifestants, hommes et femmes, ont crié "vengeance" et "mort" au président de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), Biram Ould Abeid, arrêté la nuit précédente à son domicile en compagnie de quatre de ses proches.

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a reçu les manifestants, et leur a promis que "l'islam sera protégé dans le cadre des lois et de la constitution du pays" et que les auteurs de cet "acte contraire aux valeurs islamiques et au rite malékite" (en vigueur en Mauritanie) seraient déférés devant la justice.

Auparavant, un groupe de militants de l'IRA avait manifesté devant le commissariat de Nouakchott où est interrogé M. Ould Abeid, lui-même descendant d'esclaves. Selon eux, l'incinération vendredi soir de plusieurs ouvrages de référence des sciences islamiques visait à "débarrasser la Mauritanie d'ouvrages musulmans dépassés qui incarnent et soutiennent la légalité de la pratique de l'esclavage".

Selon des sources du parquet de Nouakchott, de nombreuses plaintes ont été déposées contre le président de l'IRA, émanant notamment d'associations musulmanes.

L'IRA a dénoncé ces derniers mois plusieurs cas d'esclavage en Mauritanie où cette pratique n'est officiellement interdite que depuis 1981. Depuis 2007, l'esclavage y est reconnu comme un crime et ses auteurs sont passibles de dix ans de prison.

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