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29/04/2012 06:31 EDT | Actualisé 29/06/2012 05:12 EDT

Le général Mood va arriver à Damas pour diriger la mission de l'ONU

Le général norvégien Robert Mood est attendu dimanche après-midi en Syrie pour diriger les observateurs de l'ONU qui ont appelé à un "arrêt complet de la violence" au lendemain de la mort de 32 personnes à travers tout le pays.

Cette mission s'annonce périlleuse pour le général Mood, fin connaisseur de la région, et ses 300 observateurs qui doivent être déployés sans arme dans un pays où les violences persistent plus de deux semaines après un cessez-le-feu largement ignoré malgré les engagements du régime et des rebelles.

"Il est très important dans le contexte de notre mandat qu'il y ait un arrêt complet de la violence sous toutes ses formes et de la part de toutes les parties. C'est le premier impératif et ce que nous devons observer et soutenir", a affirmé Neeraj Singh, un porte-parole de la mission de l'ONU à Damas.

Quelques heures avant l'arrivée du général Mood, un nouveau civil a pourtant été abattu et trois autres blessés par les forces gouvernementales dans la région de Hama (centre).

Affirmant que le déploiement rapide du reste de l'équipe était "une question d'extrême urgence pour l'ONU", M. Singh a assuré que "tous les efforts étaient mis en oeuvre pour s'assurer qu'ils arrivent sur le terrain le plus vite possible".

Le déploiement de la mission est prévu pour une période initiale de trois mois, que Paris et Washington ont déjà menacé de ne pas renouveler si Damas ne se respectait pas les six points du plan de l'émissaire international Kofi Annan.

Ce plan prévoit le retour de l'armée dans les casernes, l'arrêt des hostilités, la libération des détenus, le respect du droit à manifester, l'ouverture d'un dialogue entre pouvoir et opposition ainsi que la libre circulation pour les humanitaires et la presse.

Dans une récente interview à la presse norvégienne, le général Mood avait souligné "le gouffre de suspicion et de violence qui sépare le régime syrien et l'opposition", estimant que la mission de l'ONU était une "chance" donnée au peuple syrien.

Une quinzaine d'observateurs sont actuellement dans le pays, dont huit basés dans différentes villes touchées par les violences -- Deraa (sud), Idleb (nord-ouest), Hama et Homs (centre). Leur nombre devait passer à 30 ces jours-ci et à 100 d'ici un mois.

Selon Amnesty International, les violences ont fait au moins 362 morts, en particulier dans les villes tout juste visitées par les observateurs, depuis le début de leur mission le 16 avril.

Pour les militants et les ONG, ces morts sont en majorité des civils abattus par les troupes, mais le régime, qui ne reconnaît pas l'ampleur de la contestation entamée mi-mars 2011, accuse des "bandes terroristes" armées par l'étranger de semer le chaos dans le pays.

Samedi, l'armée libanaise a annoncé avoir intercepté trois conteneurs d'armes provenant de Libye et destinées aux insurgés qui cherchent à renverser le régime de Bachar al-Assad. Ce chargement comprenait des mitrailleuses lourdes et des obus, selon une source de sécurité libanaise.

Le même jour, de violents combats ont opposé soldats des troupes régulières et militaires dissidents dans la province de Damas, aux abords d'un palais présidentiel à Lattaquié (ouest) et dans la région d'Idleb.

Au moins 10 déserteurs sont morts dans ces affrontements et 22 civils ont en outre été tués par les forces gouvernementales dans plusieurs régions du pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

De plus, deux ressortissants hongrois travaillant en Syrie ont été enlevés par des "hommes armés non-identifiés", ont indiqué les autorités de Budapest. Il s'agit des premiers occidentaux enlevés dans ce pays.

Après avoir accusé samedi les Nations unies d'"encourager les terroristes", la presse officielle a affirmé dimanche que le réseau extrémiste Al-Qaïda était derrière les attentats qui ont fait des dizaines de morts ces derniers mois, en particulier à Damas et à Alep (nord).

Le dernier en date remonte à samedi et avait fait 11 morts à Damas, selon les médias officiels.

Pour le quotidien officiel As-Saoura, "les explosions terroristes qui ont ensanglanté le coeur des Syriens et emporté l'âme d'innocents" sont signés "des terroristes de l'organisation" Al-Qaïda.

"Ce terrorisme est soutenu et financé par des Etats occidentaux, des pays de la région et quelques Arabes pour faire échouer le plan de l'ONU et son émissaire, Kofi Annan".

La Syrie est en proie depuis mars 2011 à un mouvement de contestation de plus en plus militarisé face à la répression. En 13 mois, les violences ont fait plus de 11.100 morts dans le pays, en majorité des civils, selon l'OSDH.

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