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29/04/2012 10:13 EDT | Actualisé 29/06/2012 05:12 EDT

Le chef de la mission de l'ONU en Syrie demande le respect du cessez-le-feu

BEYROUTH - Le chef de la mission d'observation des Nations unies en Syrie a exhorté dimanche le président Bachar Al-Assad et l'opposition à respecter le fragile cessez-le-feu en vigueur depuis le 12 avril.

Le major général norvégien Robert Mood a fait cette déclaration après son arrivée dans la capitale syrienne, Damas, où il a pris en charge un équipe de 16 observateurs de l'ONU ayant pour objectif de sauver le plan de sortie de crise qui doit mettre fin à 13 mois de chaos.

Selon ce plan, le cessez-le-feu est supposé permettre à Al-Assad et à ses opposants de discuter d'une solution politique au conflit qui a fait plus de 9000 morts.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme, un groupe d'activistes basé à Londres, a rapporté qu'au moins 25 personnes avaient perdu la vie dimanche, dont 14 civils abattus par les troupes gouvernementales dans un village au centre du pays et trois soldats tués lors d'un affrontement avec des déserteurs de l'armée.

M. Mood a déclaré devant les reporters que les 300 observateurs choisis par les Nations unies pour la mission en Syrie ne pouvaient pas régler tous les problèmes et a demandé la collaboration des forces loyales au président ainsi que des rebelles qui cherchent à le renverser.

Le major général a indiqué qu'il voulait que tous combinent leurs efforts afin de réellement mettre un terme à toute forme de violence pour le bien-être des Syriens.

Le cessez-le-feu a commencé à s'effriter peu de temps après avoir été décrété le 12 avril. Le régime a poursuivi ses attaques contre les bastions de l'insurrection alors que celle-ci a continué à tendre des embuscades aux forces de sécurité du gouvernement.

L'armée syrienne a aussi omis de retirer ses chars d'assaut et ses soldats des rues, ignorant l'une des dispositions les plus importantes de la trêve.

En dépit des actes violents, le cessez-le-feu bénéficie toujours de l'appui de la communauté internationale, principalement parce qu'elle considère que c'est le seul moyen d'éviter la guerre civile et qu'elle ne souhaite pas se lancer dans une intervention militaire.

La plupart des spécialistes croient que le plan a très peu de chances de réussir, même s'il pourrait permettre de faire baisser la violence d'un cran pendant un certain temps.

C'est ce qui s'est produit à Homs, la troisième ville en importance de la Syrie et coeur du soulèvement contre Bachar Al-Assad. Les troupes du régime l'ont bombardée pendant des mois, détruisant de larges pans de la cité, avant que deux observateurs de l'ONU ne s'installent dans l'un de ses hôtels haut de gamme la semaine dernière.

Depuis, les actes violents ont diminué, même si des affrontements surviennent encore fréquemment.

«Les échanges de coups de feu n'ont pas arrêté à Homs», a précisé dimanche le militant local Tarek Badrakhan.

Une vidéo amateur mise en ligne samedi montre les deux employés des Nations unies en train de marcher dans un quartier durement touché par les combats alors que des résidants ramassent un cadavre allongé dans la rue et le mettent à l'arrière d'une camionnette.

D'après le porte-parole de la mission d'observation de l'ONU, Neeraj Singh, 100 observateurs seront envoyés en Syrie d'ici la mi-mai. Il n'a pas indiqué quand les 200 autres entreraient en fonction.