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29/04/2012 03:20 EDT | Actualisé 28/06/2012 05:12 EDT

Israël: des dirigeants politiques évoquent de possibles élections anticipées

Plusieurs dirigeants politiques israéliens ont pris leurs marques dimanche en vue d'éventuelles élections anticipées tandis que les critiques très dures d'ex-patrons de la sécurité se multiplient contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a indiqué qu'aucune décision n'avait été prise jusqu'à présent, mais il va avoir des consultations avec les partenaires de la coalition sur une possibilité d'avancer les élections", a indiqué à l'AFP un responsable citant le Premier ministre qui s'adressait aux ministres de son parti, le Likoud (droite).

"Il a dit que lorsque nous arriverons aux négociations budgétaires à fin (2012), si certains formulent des demandes budgétaires irresponsables, populistes, il préfèrera alors des élections, car il ne veut pas saper le succès des trois dernières années", a dit ce responsable à l'AFP, sous couvert de l'anonymat.

Le chef du parti centriste Kadima, Shaoul Mofaz, qui dirige l'opposition, s'est prononcé samedi "pour la tenue d'élections législatives dès que possible, après les vacances parlementaires d'été, soit le mardi 16 octobre".

Estimant que "les jours du gouvernement sont comptés", il a appelé M. Netanyahu à convenir d'une date pour un scrutin anticipé, faute de quoi il déposerait un projet de loi de dissolution de la Chambre.

La législature actuelle s'achève normalement en novembre 2013.

La chef du parti travailliste Shelly Yacimovich a de son côté appelé dimanche à la radio publique les formations de l'opposition à "s'unir pour renverser ce gouvernement".

"Je ne crains pas une consultation de l'opinion", a pour sa part déclaré M. Netanyahu dans des propos diffusés dimanche par la radio publique.

Son principal allié au sein de la coalition gouvernementale, le chef de la diplomatie Avigdor Lieberman, qui dirige le parti Israël Beiteinou (droite nationaliste), a cependant fait planer la menace d'élections anticipées.

Il a fait savoir que sa position sur le sujet dépendrait du vote prévu le 9 mai au Parlement d'un projet de loi qu'il soutient et qui contraindrait tous les jeunes Israéliens au service militaire ou à un service civil obligatoires.

Ce texte remplacerait la Loi Tal qui permet de facto aux jeunes juifs religieux orthodoxes d'échapper aux obligations militaires.

"Nous n'avons plus d'engagements envers la coalition gouvernementale. Nous avons un engagement envers nos électeurs", a averti M. Lieberman.

Dans un communiqué de son bureau, M. Netanyahu a annoncé dimanche que "la Loi Tal doit être remplacée par une loi plus juste et plus égalitaire pour tous les Israéliens, qui prévoirait aussi un service civil national pour les ressortissants arabes".

En février, la Cour suprême israélienne avait jugé cette loi inconstitutionnelle et appelé le Parlement à ne pas prolonger son application après son expiration prévue en août.

Ce débat intervient alors que l'ex-patron du Shin Beth, le service de sécurité intérieure, Youval Diskin, a accusé M. Netanyahu et son ministre de la Défense Ehud Barak de "tromper" les Israéliens sur l'Iran et de ne pas être "à un niveau suffisant" pour gérer une guerre contre Téhéran.

Ses critiques font écho à celles de l'ancien patron du Mossad, Méir Dagan, et de l'ex-chef d'état-major, le général Gaby Ashkenazi.

M. Diskin a estimé par ailleurs que M. Netanyahu n'était pas intéressé par des négociations de paix avec les Palestiniens car cela menacerait selon lui la stabilité de sa coalition.

"Je vous le dis, nous ne parlons pas avec les Palestiniens parce que ce gouvernement n'a aucun intérêt à parler avec les Palestiniens", a-t-il indiqué cité par le journal Maariv.

"Le Premier ministre sait que s'il fait un pas, même le plus infime, dans cette direction, alors la loi bien établie du Premier ministre de l'Etat d'Israël et sa puissante coalition vont s'effondrer. C'est aussi simple que cela", a-t-il ajouté.

ChW-jjm/sw/feb