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29/04/2012 11:32 EDT | Actualisé 29/06/2012 05:12 EDT

Financement libyen de Sarkozy en 2007: "une infamie", dénonce le président

PARIS - Nicolas Sarkozy a qualifié dimanche d'"infamie" et de "montage" les accusations du site Mediapart qui publie le fac-similé d'une note officielle du régime de Mouammar Kadhafi, datée de décembre 2006, qui donnerait son accord de principe pour financer la campagne électorale du futur président en 2007, à hauteur de 50 millions d'euros.

"C'est un montage, c'est une infamie!", a dénoncé le président-candidat sur Canal+. "Mediapart est coutumier de mensonges", a-t-il dénoncé en accusant le site d'être "une officine (...) au service de qui? De la gauche".

D'après Mediapart, ce document daté du 10 décembre 2006 est signé de Moussa Koussa, alors chef des services secrets extérieurs libyens. Il est adressé à Bachir Saleh, directeur de cabinet du colonel Kadhafi et responsable du fonds souverain Libyan African Portfolio (LAP).

Le document, traduit de l'arabe, stipulerait ainsi: "En référence aux instructions émises par le bureau de liaison du Comité populaire général (gouvernement, NDLR) concernant l'approbation d'appuyer la campagne électorale du candidat aux élections présidentielles, M. Nicolas Sarkozy, pour un montant d'une valeur de cinquante millions d'euros". Et M. Koussa d'assurer qu'il allait transmettre et confirmer "l'accord de principe sur le sujet cité ci-dessus".

Interrogée sur le sujet, l'ex-candidate socialiste à l'élection présidentielle de 2007, Ségolène Royal, a souhaité dimanche que "la justice ait tous les moyens d'investigation".

"Les Français peuvent se dire qu'ils ont été secoués par une accumulation d'affaires, qui ne sont jamais d'ailleurs allées jusqu'au bout de leur éclaircissement. Sans faire de procès d'intention avant que la justice n'ait été saisie, on voit que manifestement, il sera temps demain -c'est-à-dire dans quelques jours, comme nous l'espérons- que la justice ait tous les moyens d'investigation, c'est tout", a-t-elle déclaré à la presse, en marge du meeting de François Hollande au Palais omnisports de Paris-Bercy.

"C'est ça, la morale publique: c'est des pouvoirs publics qui fonctionnent bien, une justice indépendante qui a les moyens de faire les investigations, un pouvoir exécutif au-dessus de toute corruption et de toute suspicion, un Parlement qui exerce pleinement ses pouvoirs de contrôle (...) et des collectivités territoriales vivantes", a-t-elle ajouté.