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29/04/2012 05:33 EDT | Actualisé 29/06/2012 05:12 EDT

Bahreïn: verdict attendu dans le procès en cassation d'opposants

La Cour de cassation de Bahreïn doit rendre lundi sa décision sur le procès de 14 opposants, parmi lesquels Abdel Hadi al-Khawaja, condamné à la perpétuité et en grève de faim depuis 80 jours.

Selon un avocat de la défense, Mohamed al-Tajer, la Cour pourrait renvoyer devant une cour d'appel ordinaire cette affaire jugée en juin 2011 par un tribunal d'exception.

Les 14 opposants font partie d'un groupe de 21 personnes, dont 7 jugées par contumace: sept ont été condamnés à la perpétuité et les autres à des peines allant de deux à 15 ans de prison.

Ils ont été jugés par un tribunal d'exception dans le cadre de l'état d'urgence proclamé de mars à juin 2011 par le roi, dans la foulée de la répression d'un mois de protestations populaires, animées par des chiites, majoritaires dans la population de ce royaume dirigé par une dynastie sunnite.

Les opposants ont été reconnus coupables d'avoir "formé et dirigé un groupe terroriste visant à changer la Constitution et le régime monarchique", d'avoir été "en contact avec un groupe terroriste à l'étranger, qui agit dans l'intérêt d'un pays étranger en procédant à des actes hostiles contre le royaume de Bahreïn" et d'avoir procédé à une "collecte de fonds pour ce groupe".

Parmi les opposants chiites condamnés à la perpétuité figurent, outre M. Khawaja, militant des droits de l'Homme en grève de la faim depuis le 8 février, Hassan Mashaimaa, chef du mouvement Haq, Abdelwahab Hussein, chef du mouvement Wafa, et un autre militant membre du Haq, Abdeljalil al-Singace, qui souffre d'une paralysie des jambes.

L'un des rares sunnites du groupe, Ibrahim Chérif, chef du mouvement Waed, une formation de la gauche laïque, a écopé de cinq ans de prison.

La longue grève de la faim de M. Khawaja, qui met sa vie en péril pour réclamer sa libération et celle de ses co-détenus, a suscité un mouvement de solidarité et de sympathie à Bahreïn et dans le monde. Elle souligne aussi l'urgence de trancher dans son procès.

"Il devait être récompensé, et non pas emprisonné", a déclaré à propos de M. Khawaja le président du Bahrain Center for Human Rights, Nabil Rajab, prévenant que le petit royaume aurait "un problème" tant que le militant serait derrière les barreaux.

La cour de Cassation devait se prononcer le 23 avril, mais elle a reporté sa décision d'une semaine. "Ces tactiques dilatoires des autorités de Bahreïn jouent avec la vie d'Abdel Hadi Khawaja, qui est au seuil de la mort" des suites de sa grève de la faim, avait dénoncé Amnesty International.

Les personnes condamnées dans cette affaire sont des "prisonniers de conscience, détenus uniquement pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d'expression" lors des protestations de l'an dernier, a insisté l'organisation basée à Londres.

En novembre, le rapport d'une commission d'enquête indépendante avait dénoncé un "usage excessif et injustifié de la force" face à la révolte de février/mars et fait état de 35 morts durant la répression, dont cinq sous la torture. Amnesty International estime pour sa part que 60 personnes ont été tuées depuis le début du mouvement.

Ce mouvement de contestation, qui avait éclaté à la mi-février 2011 sur fond de Printemps arabe, réclame une vraie monarchie constitutionnelle, avec un Premier ministre issu de la majorité parlementaire.

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