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28/04/2012 01:01 EDT | Actualisé 28/06/2012 05:12 EDT

Ryad rappelle son ambassadeur et ferme son ambassade en Egypte

L'Arabie saoudite a rappelé samedi son ambassadeur au Caire pour consultations après des manifestations hostiles, provoquant une crise diplomatique que les autorités égyptiennes ont vite tenté de contenir.

Outre le rappel de l'ambassadeur, Ryad a décidé de fermer son ambassade au Caire et ses consulats à Alexandrie et à Suez, a indiqué l'agence officielle Spa.

Le chef du Conseil suprême des forces armées égyptiennes, le maréchal Hussein Tantaoui, a aussitôt entrepris des contacts avec les dirigeants saoudiens pour éviter une crise, a rapporté l'agence égyptienne Mena.

M. Tantaoui, qui dirige de fait le pays, a eu des "contacts avec des responsables saoudiens pour régler la crise après la décision surprise de l'Arabie saoudite de rappeler son ambassadeur", a indiqué la Mena.

Parallèlement, le conseil des ministres égyptiens a dit "regretter" les incidents devant les représentations saoudiennes, les qualifiant d'"actes irresponsables qui nuisent aux profondes relations" entre les deux pays, a rapporté le site internet du quotidien Al-Ahram.

L'agence Spa a indiqué que le roi Abdallah avait reçu samedi soir un appel téléphonique du maréchal Tantaoui et promis d'examiner la question de la fermeture des représentations saoudiennes dans les prochains jours en "tenant compte des intérêts des deux pays".

Auparavant, un porte porte-parole officiel saoudien a justifié ces mesures par des menaces contre ces missions diplomatiques saoudiennes après l'annonce de l'arrestation d'un avocat égyptien en Arabie saoudite.

Il a qualifié les manifestations d'"injustifiées", évoquant des tentatives d'envahir les missions saoudiennes et des menaces contre leurs employés saoudiens et égyptiens, au mépris de "toutes les règles internationales".

Selon lui, ces manifestations et ces violences ont conduit à l'interruption de l'activité diplomatique et consulaire y compris les facilités pour les voyages de la main d'oeuvre et des pèlerins égyptiens en Arabie saoudite.

Des centaines d'Egyptiens ont manifesté mardi devant l'ambassade saoudienne au Caire pour réclamer la libération d'un avocat et défenseur des droits de l'Homme égyptien arrêté par les autorités saoudiennes.

Ils ont scandé des slogans hostiles au régime saoudien auquel ils ont demandé la libération "immédiate" d'Ahmed Mohamed Tharwat Al Gizawy, arrêté le 17 avril à son arrivée à l'aéroport de Jeddah.

Selon l'Arabic Network for Human Rights Information (ANHRI), une ONG égyptienne, l'avocat a été arrêté car il avait été jugé par contumace à un an de prison et vingt coups de fouet pour avoir critiqué le pouvoir saoudien, une information démentie par l'ambassadeur saoudien au Caire.

Il serait visé, a ajouté cette ONG, pour son activisme en faveur d'Egyptiens détenus dans les prisons saoudiennes. Me Gizawy, qui a pris la défense de ses compatriotes, a accusé le roi Abdallah ben Abdel Aziz et les autorités saoudiennes de "se livrer à des arrestations arbitraires de ressortissants égyptiens en Arabie et de les torturer", selon des ONG égyptiennes.

L'avocat voyageait en compagnie de sa femme pour accomplir le petit pèlerinage à La Mecque lorsqu'il a été arrêté à l'aéroport de Jeddah, rapporte l'ANHRI.

Des parlementaires égyptiens ont rencontré mardi l'ambassadeur saoudien au Caire pour évoquer cette affaire, a indiqué l'un d'eux, Moustapha Naggar.

L'ambassadeur, Ahmed Adel Aziz Qattan, a de son côté "regretté les informations erronées publiées par les médias égyptiens" sur cette affaire.

Il a ajouté, dans un communiqué, "qu'aucun jugement à la prison ou au fouet n'a été rendu" contre cet Egyptien en affirmant que ce dernier a été appréhendé et déféré devant le parquet après la découverte de milliers de comprimés d'un produit considéré comme une drogue et prohibé sauf avis médical.

Les comprimés, selon le communiqué, étaient dissimulés dans des boîtes de lait pour enfants et dans les couvertures de deux exemplaires du Coran.

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