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28/04/2012 12:39 EDT | Actualisé 28/06/2012 05:12 EDT

Quatre étrangers capturés par l'armée soudanaise à Heglig (porte-parole)

L'armée soudanaise a "capturé" quatre étrangers se trouvant dans la zone pétrolière de Heglig qu'elle a récemment reprise au Soudan du Sud au terme de violents combats, a annoncé samedi son porte-parole à Khartoum.

L'ONU a indiqué qu'un de ses employés figurait parmi les personnes arrêtées.

"L'un d'eux était de l'ONU", a assuré Joséphine Guerrero, une porte-parole de la mission des Nations unies au Soudan du Sud.

"Nous les avons capturés à l'intérieur des frontières du Soudan, dans la zone d'Heglig. Ils étaient en train de collecter des débris dans le cadre d'investigations", a déclaré le porte-parole, Sawarmi Khaled Saad, ajoutant qu'ils disposaient d'équipements militaires.

Selon ce porte-parole, il s'agit d'un Britannique, d'un Norvégien, d'un Sud-Africain et d'un Sud-Soudanais qui ont été "transférés" à Khartoum pour enquête.

"Cela confirme ce que nous avons déjà dit, à savoir que le Soudan du Sud était soutenu par des experts étrangers pour mener son agression contre Heglig", a ajouté Sawarmi Khaled Saad.

Cette affirmation a été démentie par Jan Ledang, directeur régional de l'organisation norvégienne Norwegian People's Aid (NAID), qui travaillait avec l'une des quatre personnes arrêtées.

"C'est impossible qu'ils aient été à Heglig", a-t-il indiqué, affirmant qu'ils devaient se trouver en réalité, à Pariang, en territoire sud-soudanais, où ils menaient une mission de suivi après un déminage de la zone.

Depuis plusieurs semaines, des affrontements à la frontière opposent le Soudan à la République du Sud-Soudan, indépendante depuis juillet 2011, au sujet de la zone d'Heglig, riche en pétrole et revendiquée par les deux pays.

Heglig avait été prise le 10 avril par l'armée sud-soudanaise avant que Khartoum n'annonce le 20 avoir repris le contrôle de la zone. De son côté, Juba avait affirmé s'être retiré volontairement de la région, sous la pression internationale.

Chacun des deux camps s'accusent aujourd'hui d'avoir endommagé les installations pétrolières à Heglig qui fournissaient environ la moitié de la production de brut du Soudan et qui sont à présent à l'arrêt en attendant des réparations.

La situation est également critique pour Juba, en charge d'un pays dévasté par la guerre civile Nord/Sud (1983-2005, 2 millions de morts) et qui est tributaire pour exporter son pétrole des infrastructures soudanaises.

it/jt/hj