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28/04/2012 09:31 EDT | Actualisé 28/06/2012 05:12 EDT

Le réformiste Mohamed El-Baradei lance un nouveau parti politique en Égypte

LE CAIRE, Égypte - Le leader réformiste Mohamed El-Baradei a lancé samedi un nouveau parti politique qui, dit-il, vise à unifier les Égyptiens et sauver la révolution du pays face à une transition démocratique complexe.

Le Parti de la Constitution marque le retour à la vie publique pour M. El-Baradei, qui a déclaré en janvier qui ne se présenterait pas à la présidence et qu'un vote juste serait impossible pendant la transition troublée.

Son retrait à quatre mois avant le début de l'élection présidentielle a porté un coup aux groupes libéraux et gauchistes derrière les révoltes du 25 janvier qui ont mené à la chute d'Hosni Moubarak, l'an dernier. Ces groupes, dont plusieurs avaient trouvé en M. El-Baradei une figure de ralliement pour leurs appels à la démocratie en Égypte, ont subi une puissante défaite aux urnes lors des premières élections parlementaires après la chute de M. Moubarak.

Ce sont plutôt les groupes islamistes, incluant les influents Frères musulmans et les groupes salafistes ultraconservateurs, qui sont sortis vainqueurs de ces élections, remportant près de 70 pour cent des sièges.

Selon M. El-Baradei, qui a reçu le Prix Nobel de la paix pour son travail comme dirigeant de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a déclaré qu'un nouveau groupe politique organisé était nécessaire pour unir les Égyptiens et préparer la jeunesse à un avenir politique au-delà de la révolution.

Quatorze mois après le départ de l'ex-président Moubarak, les généraux qui ont hérité de la régence du pouvoir sont impliqués dans une lutte de pouvoirs avec les islamistes. Ceux-ci dominent le Parlement mais se plaignent que les généraux font de l'obstruction. Plusieurs rivaux des islamistes soutiennent que ceux-ci vont au-delà de leurs prérogatives.

M. El-Baradei a précisé que son parti, qui n'a pas encore été officiellement enregistré, vise à représenter une Égypte modérée, et devrait être prêt à fonctionner dans deux à trois mois.

L'ancien dirigeant de l'AIEA a souvent été blâmé par ses partisans pour être trop distant, et pour son approche modérée envers le domaine politique. Son absence des manifestations dans les rues, sa préférence pour les négociations politiques discrètes et son retrait de la course présidentielle en ont frustré plusieurs.