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28/04/2012 06:51 EDT | Actualisé 28/06/2012 05:12 EDT

Il faudra du temps pour rapiécer les relations entre le Pakistan et les É.-U.

ISLAMABAD - Les tentatives des États-Unis visant à rétablir la relation avec le Pakistan semblent achopper sur la question des excuses américaines pour la mort de 24 soldats frontaliers pakistanais en novembre dernier.

Des responsables américains ont visité vendredi le Pakistan pour des discussions en vue de rétablir les relations entre les deux pays, mais ont quitté sans avoir conclu d'entente. Une déclaration publiée samedi par le Bureau du président pakistanais indique qu'Asif Ali Zardari a déclaré aux visiteurs américains que Washington avait besoin d'aider le Pakistan à «accepter» le meurtre de soldats à la frontière afghane en suivant des recommandations du parlement pakistanais.

Le Parlement a demandé à Washington de s'excuser pour l'incident. Les États-Unis ont exprimé des regrets, mais ont refusé de dire spécifiquement qu'ils s'excusaient.

Le Pakistan a fermé les lignes de ravitaillement des États-Unis et de l'OTAN en direction de l'Afghanistan pour protester contre les frappes aériennes américaines meurtrières, a rompu la plupart de ses relations avec Washington et a ordonné aux drones américains de quitter une base située dans le sud du pays. Les États-Unis veulent que le Pakistan rouvre les lignes de ravitaillement, de préférence avant le sommet des dirigeants de l'OTAN prévu les 20 et 21 mai à Chicago.

Selon le département américain de la Défense, les forces américaines, en vertu les informations disponibles à ce moment-là, ont agi en légitime défense et avec un niveau de force approprié après avoir fait l'objet de tirs provenant de la frontière pakistanaise lors de l'incident du 26 novembre.

La visite de Mark Grossman, l'envoyé de Washington pour l'Afghanistan et le Pakistan, était sa première au Pakistan depuis l'incident meurtrier.

Le Pakistan a utilisé cet incident frontalier pour tenter d'obtenir de meilleurs conditions de la part de Washington, qui voit le Pakistan comme un allié essentiel — mais imprévisible — contre al-Qaïda et un joueur vital pour la durabilité de tout accord de paix avec les insurgés se battant dans l'Afghanistan voisin.

Les morts frontalières sont le plus récent incident d'une série d'événements semblables survenus au cours des 18 derniers mois, et ayant sérieusement mis à mal les relations américano-pakistanaises. Le meurtre de deux présumés assaillants pakistanais par l'agent de sécurité de la CIA Ray Davis en janvier 2011 et le raid des Navy Seals américain qui a permis de tuer Oussama Ben Laden en mai, sans la permission du Pakistan, ont également contribué au déclin.