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26/04/2012 12:17 EDT | Actualisé 26/06/2012 05:12 EDT

Taylor jugé coupable: un "avertissement" pour les seigneurs de guerre (Unicef)

Le verdict contre l'ex-président libérien Charles Taylor, reconnu jeudi coupable de crimes contre l'humanité en Sierra Leone, est "une victoire pour les enfants" utilisés comme soldats et un avertissement pour les seigneurs de guerre, a affirmé l'Unicef dans communiqué reçu à Dakar.

"Le verdict" prononcé par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) contre M. Taylor "est une victoire pour les enfants recrutés et utilisés dans la guerre" en Sierra Leone, a déclaré le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) dans ce texte transmis par son bureau régional pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre, situé à Dakar.

Il "servira d'avertissement à d'autres dirigeants (...) et seigneurs de guerre", a ajouté l'Unicef.

Charles Taylor a été reconnu coupable jeudi de crimes commis lors de la guerre en Sierra Leone (1991-2001), devenant ainsi le premier ex-chef d'Etat condamné par la justice internationale depuis Nuremberg. Sa peine doit être prononcée le 30 mai et il la purgera dans une prison britannique.

"Pour les milliers d'enfants brutalisés, mutilés et exploités comme machines de guerre, le verdict d'aujourd'hui contre Charles Taylor ne peut pas effacer les atrocités qu'ils ont subies, mais nous espérons qu'il les aidera à guérir leurs blessures", selon Anthony Lake, directeur exécutif de l'Unicef, cité dans le texte.

"C'est la première condamnation d'un ancien chef d'Etat pour complicité de ces crimes. C'est une nette victoire pour les enfants, et contre l'impunité", a-t-il poursuivi, ajoutant: "Nous devrions tous être réconfortés de voir que les violations graves commises contre des enfants font actuellement l'objet de poursuites avec succès, et que leurs auteurs sont traduits en justice".

L'Unicef rappelle que des enfants ont été forcés à combattre durant la guerre en Sierra Leone, utilisés comme boucliers humains, esclaves sexuels et ouvriers dans les mines de diamant. Après le conflit, environ 7.000 d'entre eux "ont été libérés et réinsérés dans la société", "88% ont été réunis avec leurs familles" tandis que 7.000 autres ont été pris en charge pour leur réinsertion.

L'organisation onusienne dit être intervenue pendant la guerre "directement auprès de toutes les parties pour sauver les enfants recrutés" pour le conflit.

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