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26/04/2012 03:04 EDT | Actualisé 26/06/2012 05:12 EDT

Soudan: réduction de 20% envisagée pour la force ONU-UA au Darfour (ONU)

L'ONU envisage de réduire de plus de 20% les effectifs de la force de maintien de la paix au Darfour (Minuad), région de l'ouest du Soudan en proie à une guerre civile, a indiqué jeudi un haut responsable de l'ONU.

Hervé Ladsous, patron des opérations de maintien de la paix de l'ONU, a recommandé au Conseil de sécurité que les effectifs militaires de cette force conjointe avec l'Union africaine soient réduits de 3.260 hommes (sur 17.700 soldats). Le personnel de soutien et la police seraient aussi réduits et redéployés.

En tout, la Minuad perdrait quelque 5.300 hommes sur les 23.500 qu'elle compte actuellement.

Il s'agit notamment de tenir compte, a expliqué M. Ladsous, de "l'amélioration de la sécurité le long de la frontière entre Soudan et Tchad et dans le nord du Darfour à la suite du rapprochement entre Soudan et Tchad et entre Soudan et Libye".

La moitié environ des fantassins membres de la Minuad vont être redéployés vers des "zones de tension", notamment une "bande de territoire au centre du Darfour allant d'est en ouest de la frontière avec le Tchad jusqu'au Kordofan".

Selon M. Ladsous, ces aménagements de la Minuad doivent être réalisés sur une période de 18 mois. Ils permettront de faire des économies de 76,1 millions de dollars pour l'année budgétaire 2012-2013 et de 135 millions de dollars environ par an par la suite, sur un budget total de 1,5 milliard.

Le Conseil de sécurité devrait entériner ces changements quand il examinera le renouvellement du mandat de la Minuad en juillet, a indiqué l'ambassadrice américaine Susan Rice, qui préside le Conseil pour le mois d'avril.

"Un ou deux pays (membres du Conseil) ont mis en cause la nouvelle configuration proposée mais je n'ai pas entendu exprimer de large inquiétude ni de scepticisme", a-t-elle estimé.

Elle a minimisé la baisse des effectifs, parlant "d'adaptation aux besoins plutôt que de réduction". Mais elle a reconnu que pour les Etats-Unis, "la violence augmente dans quatre ou cinq régions du Darfour". "Cela reste une situation très peu sûre, très grave", a-t-elle ajouté.

L'ambassadeur sud-africain Baso Sangqu a insisté pour que l'ONU consulte l'Union africaine avant toute décision.

avz/sf