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26/04/2012 06:23 EDT | Actualisé 26/06/2012 05:12 EDT

Procès Taylor: forces de sécurité déployées dans Monrovia, calme à Freetown

D'importantes forces de la police libérienne et de l'ONU étaient déployées jeudi dans les rues de Monrovia en prévision d'éventuelles manifestations après le verdict contre de l'ancien président libérien Charles Taylor attendu à La Haye, a constaté un journaliste de l'AFP.

Policiers et soldats de la Mission des Nations unies au Liberia (Minul) étaient visibles sur toutes les grandes artères de la capitale libérienne.

Contrairement à Freetown, aucun grand rassemblement n'a été organisé à Monrovia pour suivre en direct le verdict, mais de nombreux petits regroupements étaient visibles devant les boutiques et bars équipés de poste de télévision.

Mercredi, le gouvernement libérien avait appelé la population au calme et "à prier pour la nation et la paix".

Président du Liberia de 1997 à 2003, Charles Taylor, 64 ans, conserve de nombreux partisans au Liberia en dépit des crimes qui y ont été commis par ses combattants en 14 ans de guerre civile (1989-2003).

Il est jugé jeudi devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) pour onze chefs d'accusation, dont meurtre, violences sexuelles et pillage, commis entre novembre 1996 et janvier 2002 en Sierra Leone, pays voisin du Liberia dont il a soutenu la rébellion.

L'audience est retransmise sur plusieurs écrans au siège du Tribunal spécial de Freetown, bâtiment moderne édifié dans l'ouest de la capitale pour accueillir le procès, délocalisé en juin 2006 à La Haye par le Conseil de sécurité des Nations unies, qui craignait que la présence de M. Taylor à Freetown ne soit "une menace pour la paix".

"Nous, victimes, espérons que Taylor prendra au moins 100 ans de prison", déclarait jeudi matin Alhadji Jusu Jarka, ancien président de l'association des amputés, l'un des premiers assis dans la salle du tribunal de Freetown.

"Il doit subir l'amertume de la loi", ajoutait-il en référence aux propos passés de Taylor, déclarant que "la Sierra Leone doit goûter l'amertume de la guerre". "Il a déstabilisé notre pays, donné des armes. Nous attendons qu'il soit condamné", estimait-il.

Si M. Taylor est reconnu coupable jeudi par le TSSL, sa peine sera déterminée lors d'une audience dans les quatre à huit semaines.

Des journalistes, diplomates, membres du gouvernement et des institutions judiciaires ont été invités à assister à la retransmission en direct depuis le TSSL, de même que des victimes et représentants de la société civile.

Dans l'intérieur du pays, le TSSL a dépêché des représentants pour organiser des réunions avec les communautés locales les plus éprouvées pendant la guerre. Le verdict sera notamment radiodiffusé en direct sur des lieux où ont été perpétrés massacres et exactions.

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