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26/04/2012 02:46 EDT | Actualisé 26/06/2012 05:12 EDT

Nicolas Sarkozy se porte à la défense des policiers

LE RAINCY, France - Le président français Nicolas Sarkozy, candidat à sa réélection au second tour de la présidentielle le 6 mai, a demandé jeudi une «présomption de légitime défense» en faveur des policiers, reprenant à son compte une proposition incluse dans le programme du Front national de Marine Le Pen.

Nicolas Sarkozy a choisi son passage en Seine-Saint-Denis et la mise en examen d'un policier dans le même département pour tenir un discours à caractère sécuritaire, se posant en défenseur des «habitants qui n'en peuvent plus de la violence, de la terreur, des trafics, des voyous et des caïds».

Dans la ville plutôt huppée du Raincy, il a recueilli 42,03 pour cent des voix au premier tour, contre 21,97 pour cent pour François Hollande, des chiffres qui sont à l'inverse de ceux de l'ensemble du département, où le président-candidat n'a obtenu que 19,48 pour cent, contre 38,68 pour cent pour le candidat socialiste.

«Je demande que le droit de la légitime défense évolue dans un sens plus protecteur pour les policiers et pour les gendarmes», a déclaré M. Sarkozy jeudi. «Il doit y avoir une présomption de légitime défense», a-t-il martelé, reprenant une proposition qui figurait dans le projet de Marine Le Pen.

Un policier qui a mortellement blessé samedi soir un homme armé à Noisy-le-Sec, en Seine-Saint-Denis, a été mis en examen mercredi pour «homicide volontaire», selon le parquet de Bobigny. L'autopsie a montré que la victime avait été tuée par une balle entrée à l'horizontale dans son dos.

«En tant que chef de l'État, j'ai à défendre l'honneur des fonctionnaires (de police) lorsqu'ils sont mis en cause», a expliqué Nicolas Sarkozy. Après son rassemblement, il a rencontré pendant une vingtaine de minutes une délégation de policiers à la mairie de la ville.

«Je sais que la pensée unique va encore se déchaîner», a anticipé Nicolas Sarkozy pendant le rassemblement, en référence à la presse et aux journalistes qu'il qualifie de «commentateurs» et «d'observateurs».

«Je ne parle pas pour vous, les militants déguisés derrière le statut d'observateurs, je parle pour le peuple de France!», a-t-il lancé.

«Et le peuple de France en a plus qu'assez de recevoir des leçons de morale de ceux qui n'habitent pas dans les quartiers où on a peur, et qui ne mettent pas leurs enfants dans des écoles où on a peur de mettre ses enfants!», a-t-il ajouté.

«Je ne parle pas pour les "bobos" du boulevard Saint-Germain, je parle pour les habitants de la Seine-Saint-Denis (...) qui veulent prendre le bus et le métro sans qu'on leur empoisonne la vie quotidienne, qui ne veulent pas que leurs enfants, qu'ils soient français ou étrangers, soient empoisonnés par des revendeurs de drogue, par des trafiquants de toute sorte», a affirmé le président-candidat.

Il a notamment évoqué la une du journal «Libération» de mercredi, montrant une photo de lui en noir et blanc, la mine sévère, avec la citation «Le Pen est compatible avec la République».

«Ceux qui écrivent ne sortent pas de leur bureau, dans le bureau il doit y avoir un énorme miroir où ils passent tant de temps à se regarder qu'ils sont tellement éloignés de la réalité quotidienne», a lancé M. Sarkozy.

Les 6,5 millions de Français qui ont voté pour Marine le Pen, «croyez-vous, mesdames et messieurs, la plume à la main dans vos bureaux, bien enfermés dans vos certitudes et dans votre ego, que ces 6,5 millions de Français sont des gens qui ne réfléchissent pas, (...) à qui je ne dois pas parler?», s'est-il indigné. «Ce sont des gens qui souffrent», a-t-il estimé.

«Qu'est-ce que je dois faire? Me boucher le nez comme M. François Hollande?», s'est-il emporté. «À ces 6,5 millions de Français, je leur dis: je vous respecte, je vous entends, et d'une certaine façon, je vous comprends!»