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26/04/2012 04:39 EDT | Actualisé 26/06/2012 05:12 EDT

Libye: le Conseil national de transition congédie le conseil des ministres

TRIPOLI, Libye - Le Conseil national de transition libyen (CNT) a congédié le conseil des ministres pour cause d'incompétence, cinq mois seulement après son entrée en fonction, ont annoncé deux hauts responsables à l'Associated Press jeudi.

Un responsable du CNT, Fathi Baja, a déclaré que 65 des 72 membres du Conseil avaient adopté une motion de censure contre le premier ministre Abdurrahim el-Keib lors d'une réunion mercredi.

Il s'agit d'un important revers pour la Libye, qui peine à se réorganiser depuis le renversement et la mort du dictateur Mouammar Kadhafi.

Le renvoi du conseil des ministres laisse planer un doute sur la capacité du pays à organiser ses premières élections nationales en juin, qui doivent permettre d'élire les 200 membres d'une assemblée qui sera chargée de former le gouvernement et de rédiger une nouvelle Constitution.

Une autre haut responsable, Moussa al-Kouni, a confirmé l'adoption de la motion de censure, en précisant que la décision n'avait pas été annoncée immédiatement parce que le CNT n'a pas encore réussi à s'entendre sur la composition d'un nouveau cabinet.

Le CNT est divisé sur le choix du prochain premier ministre. Les islamistes soutiennent Mustafa Abu-Shakour, l'adjoint d'Abdurrahim el-Keib. D'autres s'opposent à l'idée de nommer un membre du cabinet qui a échoué à faire son travail et suggèrent plutôt de nommer le ministre du Travail, Mustafa al-Rajbani.

Abdurrahim el-Keib est devenu premier ministre en novembre, après une guerre civile de huit mois qui a pris fin avec la mort de Kadhafi en octobre.

Pendant son mandat, M. El-Keib et le CNT se sont tour à tour accusés d'être responsables de l'incapacité du gouvernement à réintégrer les combattants armés qui ont participé au renversement du régime, à former une armée nationale et à désarmer les milices. Ils se sont aussi disputés au sujet du prétendu gaspillage d'argent consacré au traitement à l'étranger les combattants libyens blessés.

M. Baja a indiqué que le renvoi du cabinet était survenu après une réunion houleuse entre M. El-Keib et six de ses ministres avec les hauts dirigeants du CNT.

«M. El-Keib était vraiment très fâché et il ne voulait pas écouter notre point de vue», a expliqué M. Baja, en ajoutant qu'il avait quitté la réunion pour protester contre l'inaction du chef du CNT, Mustafa Abdul-Jalil.

«Le CNT a un gros problème: il est paralysé et il (M. Abdul-Jalil) ne veut pas en prendre la responsabilité», a-t-il ajouté.