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26/04/2012 09:48 EDT | Actualisé 26/06/2012 05:12 EDT

Les preuves ont été "achetées" par l'accusation, selon l'avocat de Taylor

Les éléments de preuve ayant permis au juges de déclarer jeudi l'ancien président du Liberia Charles Taylor coupable de crimes contre l'humanité en Sierra Leone ont été "achetées" par le bureau du procureur, a affirmé l'avocat de l'ancien chef d'Etat.

"Ces condamnations ont été obtenues grâce à des preuves suspectes et corrompues en fait achetées par l'accusation", a déclaré Courtenay Griffiths, l'avocat de Charles Taylor, lors d'une conférence de presse à l'issue de la lecture à La Haye du jugement.

Cela est le cas non seulement pour le verdict de culpabilité contre Charles Taylor mais assi pour d'autres condamnations rendues par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL), à Freetown.

"Nous avons dit depuis le début que ce procès est dicté par certains impératifs politiques", a en outre ajouté M. Griffiths, selon lequel l'issue du procès de son client était "dans un certain sens, inévitable".

L'avocat, assurant que M. Taylor avait accueilli le verdict avec "stoïcisme", a indiqué qu'il allait discuter avec son équipe d'un éventuel appel.

Charles Taylor a été reconnu coupable jeudi de crimes commis lors de la guerre en Sierra Leone (1991-2001), devenant ainsi le premier ex-chef d'Etat condamné par la justice internationale depuis Nuremberg. Sa peine doit être prononcée le 30 mai. Il la purgera dans une prison britannique.

M. Griffiths a également affirmé qu'un des quatre juges de M. Taylor avait pris la parole à l'issue du jugement, alors que ses trois pairs quittaient la salle d'audience, pour soutenir que la culpabilité de l'accusé n'avait pas été prouvée "au-delà de tout doute raisonnable".

Seules les personnes présentes dans la salle d'audience ont pu entendre ces propos, les micros ayant été débranchés et la retransmission en direct interrompue une fois les trois autres juges sortis de la salle.

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