NOUVELLES
26/04/2012 11:27 EDT | Actualisé 26/06/2012 05:12 EDT

La justice examine l'accusation de "collusion avec l'ennemi" contre Manning

Un juge militaire doit décider jeudi si Bradley Manning, taupe présumée de WikiLeaks, doit être jugé pour "collusion avec l'ennemi", un crime théoriquement passible de la peine de mort, pour avoir permis la diffusion sur internet d'informations sensibles.

La défense a demandé à la juge, le colonel Denise Linde, d'abandonner ce chef, le plus grave des 22 chefs d'accusation portés contre le soldat de 24 ans, lors d'une audience préliminaire devant la justice militaire à Fort Meade (Maryland, est), près de Washington.

Les procureurs militaires doivent être en mesure de prouver que Manning avait "l'intention malveillante" d'aider Al-Qaïda lorsqu'il a transmis les documents à WikiLeaks, estiment les avocats du jeune analyste de renseignement.

Autrement, chaque soldat soupçonné d'avoir révélé des secrets sur internet pourrait être poursuivi pour "collusion avec l'ennemi", l'une des infractions les plus graves du code de justice militaire américain, assure la défense.

Les procureurs militaires ont assuré de leur côté qu'il ne s'agissait pas de juger des intentions du soldat mais des effets de ses actions présumés. Or, selon eux, Al-Qaïda ne s'est pas privé de consulter les informations diffusées sur internet par WikiLeaks.

Pour David Coombs, un des avocats de Bradley Manning, suivre la position de l'accusation reviendrait à poursuivre un militaire parce qu'il aurait parlé sans autorisation à un journaliste du fort taux de suicides dans l'armée.

Bradley Manning est accusé d'avoir transmis à WikiLeaks, entre novembre 2009 et mai 2010, des documents militaires américains sur les guerres en Irak et en Afghanistan, et 260.000 dépêches du département d'Etat. L'organisation créée par Julian Assange les avait ensuite mis en ligne, déclenchant une tempête dans la diplomatie mondiale.

Bradley Manning n'a pas annoncé s'il plaiderait coupable ou non coupable. La juge a fixé provisoirement au 21 septembre la date de début de son procès devant une cour martiale. S'il est reconnu coupable, l'accusation a annoncé qu'elle requerrait la réclusion à perpétuité.

ddl/mra/sf