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26/04/2012 07:11 EDT | Actualisé 26/06/2012 05:12 EDT

Hamas: Haniyeh s'impose à Gaza, Mechaal favori à sa propre succession

Le chef du gouvernement du Hamas, Ismaïl Haniyeh, s'est imposé comme le leader du mouvement à Gaza dans les élections internes, qui devraient néanmoins se conclure par un duel entre le dirigeant sortant, Khaled Mechaal, et son adjoint Moussa Abou Marzouk.

Le scrutin se déroule parallèlement et en secret dans quatre "circonscriptions": Cisjordanie, bande de Gaza, à l'étranger et parmi les militants dans les prisons israéliennes, qui désignent chacune un Majlis al-Choura (Conseil consultatif) et un bureau politique, selon des sources au sein du mouvement à Gaza.

A Gaza, M. Haniyeh, qui a obtenu le plus grand nombre de voix, a été élu à la tête du bureau politique de 15 membres, comprenant notamment Mahmoud Zahar, jusqu'alors considéré le principal dirigeant dans le territoire palestinien, et deux chefs des Brigades Ezzeddine al-Qassam, branche armée du mouvement, Ahmad Jaabari et Marwane Issa.

Fait marquant, deux ex-prisonniers libérés en octobre en échange du soldat israélien Gilad Shalit, Yehia Sinwar et Rawhi Mouchtaha, également responsables militaires, y ont été été élus, de même qu'Imad al-Alami, un membre du bureau politique précédemment basé à Damas, qu'il a quitté en février, à l'image de l'ensemble de la direction en exil. Khaled Mechaal a ainsi pris quartier à Doha et Moussa Abou Marzouk s'est installé au Caire.

Ces élections "touchent à leur fin et doivent s'achever avant le milieu du mois de mai par la désignation du bureau politique" de 18 membres, qui nomme le chef du mouvement, a précisé à l'AFP un dirigeant du Hamas sous le couvert de l'anonymat.

Une fois ce processus terminé dans les quatre circonscriptions, il se conclura par la désignation d'un Conseil consultatif central et d'un bureau politique central.

"Nous nous attendons à ce que la concurrence pour la présidence du bureau politique pour quatre ans se limite à Khaled Mechaal et son adjoint, Moussa Abou Marzouk, et la tendance semble aller au maintien d'Abou Al-Walid (Mechaal, NDLR)", a indiqué un responsable du Hamas.

Le mouvement a annoncé en janvier que Khaled Mechaal, dont la ligne est contestée par des dirigeants de Gaza, en particulier Mahmoud Zahar et Ismaïl Haniyeh, ne se représenterait pas, mais qu'il tentait de l'amener à "revenir" sur sa décision.

Une partie de la direction lui reproche d'avoir consenti trop de concessions pour la réconciliation avec le Fatah du président Mahmoud Abbas, en se disant prêt à "donner une chance" aux négociations avec Israël, récusées par le Hamas, ou en se ralliant au mot d'ordre de "résistance populaire pacifique".

Malgré cette opposition à Gaza, Khaled Mechaal bénéficie d'importants soutiens parmi les trois autres collèges électoraux, selon des sources au sein du mouvement.

"Personne ne se déclare lui-même candidat", a déclaré Moussa Abou Marzouk la semaine dernière dans une interview exceptionnelle au quotidien juif américain Forward.

"Il faut être présenté par quelqu'un d'autre", a-t-il expliqué, laissant entendre que, dans cette hypothèse, il ne se récuserait pas.

Khaled Mechaal a été le suppléant de Moussa Abou Marzouk comme chef du bureau politique pendant l'incarcération de celui-ci aux Etats-Unis de 1995 à 1997 en raison de poursuites pour "terrorisme", finalement abandonnées.

Il s'est ensuite maintenu à ce poste après avoir échappé à une rocambolesque tentative d'assassinat par des agents israéliens à Amman en 1997. En 2004, l'assassinat à Gaza par Israël du chef spirituel du mouvement, cheikh Ahmad Yassine, puis de son successeur Abdelaziz al-Rantissi, l'a propulsé à la tête du Hamas.

Quel que soit le résultat de ces élections, une des sources a affirmé ne pas s'attendre à un bouleversement mais envisagé "un changement positif au niveau des institutions du mouvement pour le rendre plus ouvert en termes de programme et d'idées".

Un responsable a indiqué prévoir "une évolution de l'Occident après l'expérience des Frères musulmans, en particulier en Tunisie et en Egypte, qui pourrait se traduire par une ouverture vers le Hamas".

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