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26/04/2012 05:01 EDT | Actualisé 25/06/2012 05:12 EDT

En Afrique de l'Ouest, 12 pays s'entraînent pour leur sécurité maritime

Penché sur un Espagnol touché par balle à la poitrine, un Sénégalais tente de lui sauver la vie. La scène, fictive, se déroule sur un bateau cap-verdien à quai à Dakar, lors d'un exercice militaire impliquant douze pays, dont les Etats-Unis.

"Nous menons l'opération +Saharan Express 2012+", exercice naval lancé lundi au Sénégal et qui se déroulera jusqu'au 30 avril au large de l'Afrique de l'Ouest, déclare à l'AFP le capitaine de corvette Kevin West, de la Marine américaine, lors d'une "répétition générale" pour la presse mercredi à Dakar.

"Douze pays impliqués, onze navires et un but: la sécurité maritime", résume l'officier, debout sur le navire cap-verdien "Guardiao" flambant neuf.

Le navire est amarré dans le port de Dakar non loin d'imposants patrouilleurs espagnol et marocain. A son bord, militaires cap-verdiens, américains, sénégalais et espagnols sont rassemblés pour une séance de démonstration médicale.

Ici, couché sur le dos, un Espagnol est "blessé par balle à la poitrine" lors d'une bataille en mer. Un Sénégalais l'observe, recherche "la sortie de la balle" et poursuit avec une série de gestes pour lui sauver la vie. Là, un Cap-Verdien saigne abondamment à une jambe et un autre Sénégalais lui porte secours.

Outre ces exercices de secourisme, les armées des douze pays ont à leur agenda des entraînements à quai et des manoeuvres en mer.

Les exercices en mer ont lieu "dans les eaux du Cap-Vert, du Sénégal, de la Mauritanie et du Maroc", précise le lieutenant-colonel Adama Diop, de la Direction de l'information et des relations publique des armées (Dirpa) du Sénégal.

Saharan Express vise à "développer les capacités des pays participants dans la surveillance et le contrôle de leurs eaux territoriales et zones exclusives économiques" pour éventuellement mener plus tard "des opérations mixtes de maintien de la paix ou humanitaires, contre le trafic de drogue, d'êtres humains ou d'armes dans l'océan Atlantique", selon Kevin West.

"Aucun pays n'est en mesure, tout seul, d'assurer une sécurité maritime totale", souligne-t-il.

L'exercice permet "de travailler en commun, de mettre en place certains mécanismes pour lutter contre tous les fléaux qui sont enregistrés dans nos eaux territoriales et qui sont vraiment des menaces réelles sur la sécurité et les économies de nos pays", abonde le lieutenant-colonel Adama Diop.

Pour Kahbi Batista, officier de la garde côtière du Cap-Vert, "Saharan Express représente une grande opportunité" de s'améliorer au contact d'autres armées, par "l'échange d'expériences, le partage de connaissances et aussi de connaître les responsables des mêmes domaines, ce qui facilite les contacts pour d'autres activités, que ce soit en exercice ou dans une situation réelle".

Dans l'archipel du Cap-Vert, la surveillance maritime "représente un plus grand défi pour nous. Etant une garde côtière de taille réduite, nous devons nous entraîner régulièrement pour être plus efficace", ajoute M. Batista, qui participe à l'opération avec 15 de ses compatriotes.

Ces 16 Cap-Verdiens côtoient une centaine d'Espagnols, quelque 150 Sénégalais, ainsi que des participants venus de Côte d'Ivoire, France, Gambie, Liberia, Mauritanie, Maroc, Sierra Leone, Grande-Bretagne et Etats-Unis.

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