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26/04/2012 10:41 EDT | Actualisé 26/06/2012 05:12 EDT

Au moins six morts dans deux attentats visant des journaux au Nigeria

Au moins six personnes, dont un kamikaze, ont été tuées jeudi au Nigeria dans deux attentats visant des journaux, dans la capitale Abuja et à Kaduna (nord), une première pour ce pays régulièrement secoué par des attaques meurtrières d'islamistes radicaux.

A Abuja une explosion a secoué le bâtiment abritant la rédaction et l'imprimerie du quotidien national privé ThisDay, l'un des journaux les plus influents du pays.

Deux agents de sécurité ont été tués ainsi qu'un kamikaze à bord d'une voiture qui avait été autorisée à franchir le portail, selon un responsable de la parution. Cinq personnes employées par ThisDay ont également été blessées et le bâtiment a été sérieusement endommagé.

A Kaduna, l'une des grandes villes du nord majoritairement musulman, une bombe a explosé à l'extérieur d'un édifice abritant les rédactions de plusieurs journaux, dont ThisDay et un autre quotidien national, The Sun.

"Trois (personnes) sont mortes sur le coup", a indiqué à l'AFP un responsable des secours, Abubakar Zakari Adamu.

Les médias au Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique avec 160 millions d'habitants, n'avaient encore jamais été la cible de telles attaques.

Un porte-parole de la police a indiqué qu'un suspect avait été arrêté dans l'attentat de Kaduna, membre présumé du groupe islamiste Boko Haram.

Ce mouvement a revendiqué plusieurs attentats meurtriers de grande envergure ces derniers mois. Il est tenu responsable d'attaques quasi quotidiennes à l'explosif ou à l'arme à feu, le plus souvent dans le nord.

Un porte-parole présumé de Boko Haram avait récemment menacé la presse, affirmant que les autorités utilisaient les journaux pour diffuser des informations contre le groupe.

Le président nigérian Goodluck Jonathan, en déplacement en Côte d'Ivoire, a condamné des actes "ignobles", dans un communiqué, et appelé les journalistes à "ne pas se laisser dissuader" de poursuivre leur travail.

L'explosion d'Abuja a provoqué la panique chez des habitants se rappelant l'attentat-suicide du 26 août 2011 contre le siège des Nations unies dans la capitale, qui avait fait 25 morts. L'attaque avait été revendiquée par Boko Haram.

Jeudi, "le kamikaze est arrivé à bord d'une jeep", a déclaré à des journalistes le directeur du comité éditorial du quotidien visé ThisDay, Olusegun Adeniyi.

Les agents de la sécurité ont ouvert le portail situé à l'arrière du bâtiment et l'assaillant a ensuite "percuté" son véhicule contre le bâtiment abritant la rédaction et l'imprimerie et a "explosé", a-t-il poursuivi.

"Heureusement, la salle de rédaction est un peu éloignée" et toutes les personnes y travaillant sont saines et sauves, a-t-il dit.

Le site a rapidement été bouclé et des dizaines de membres des forces de l'ordre, de secouristes et de pompiers s'affairaient.

ThisDay a son siège dans la capitale économique Lagos mais dispose d'une importante rédaction dans la capitale fédérale.

A Kaduna, des témoins ont décrit une scène chaotique, affirmant qu'un assaillant avait déposé une bombe devant le bâtiment, puis avait conduit sa voiture dans l'enceinte de cet édifice avant de s'enfuir.

La bombe à l'extérieur a explosé, puis le véhicule.

Kaduna avait été secoué le dimanche de Pâques par un attentat à la voiture piégée, près d'une église, ayant fait au moins 41 morts. L'attaque n'a pas été revendiquée mais rappelle celle du jour de Noël (25 décembre) 2011, dans le centre du pays, dont Boko Haram s'était attribué la responsabilité. Une explosion visant une église avait fait 44 morts à la sortie de la messe de la Nativité.

Plus de 1.000 personnes ont été tuées depuis mi-2009 dans des violences attribuées au groupe.

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