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Syrie: le plan Annan "compromis" pour Paris qui veut accélérer la mission ONU

La France juge que le plan du médiateur Kofi Annan est aujourd'hui "fortement compromis" en Syrie et multiplie les pressions pour une activation au plus vite de la mission d'observation de l'ONU sur le terrain.

"Les choses ne se passent pas bien, le plan Annan est fortement compromis mais il y a encore une chance à laisser à cette médiation sous condition d'un déploiement rapide des 300 observateurs sous quinzaine et pas dans trois mois", a déclaré jeudi à la presse le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, après avoir reçu à Paris des opposantes syriennes.

Le prochain rapport de Kofi Annan le 5 mai au Conseil de sécurité représentera "un moment de vérité" car si la mission de l'ONU "ne fonctionne pas, on ne peut pas continuer à se laisser défier par le régime". "Il faudrait donc, à ce moment-là, passer à une autre étape que nous avons déjà commencé à évoquer avec nos partenaires, sous chapitre 7 de la charte des Nations unies, pour franchir un nouveau pas dans l'arrêt de cette tragédie", a-t-il précisé.

Son homologue américaine, Hillary Clinton, avait déjà évoqué jeudi dernier un éventuel recours à ce chapitre 7 qui prévoit un recours à la force en cas de menaces contre la paix.

Le ministre français a toutefois émis des doutes sur les chances d'aboutir à une telle résolution. "Nous mesurons bien qu'elle se heurtera sans doute au veto de tel ou tel membre (du Conseil de sécurité), mais c'est une raison de plus pour continuer notre travail d'explication", a-t-il dit.

La Russie et la Chine ont opposé à deux reprises, en octobre et en février, leur veto à une résolution imposant des sanctions au régime de Damas.

A propos de la Russie, fidèle alliée du président syrien Bachar al-Assad, Alain Juppé a relevé que ce pays avait accepté la mission Annan et un déploiement d'observateurs. "J'espère que nos partenaires russes feront comme nous le bilan de cette mission d'observateurs. Ils ne pourront pas ne pas constater que c'est le régime qui bloque la mise en place du plan de Kofi Annan".

Les discussions vont se poursuivre avec les Russes, a dit Alain Juppé, "en espérant que leur position pourra évoluer à la lumière de ce qui se passe sur le terrain et qui est aujourd'hui inacceptable".

"C'est le régime qui réprime et l'opposition qui essaie de se défendre comme elle peut", a-t-il estimé.

"Le régime de Damas ne respecte pas les engagements qu'il a pris. La répression se poursuit, les observateurs ne peuvent pas remplir leur mission, cela ne peut pas durer indéfiniment", a poursuivi Alain Juppé qui a réclamé au téléphone à Kofi Annan un déploiement rapide des observateurs et comptait jeudi soir joindre le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon sur le même sujet.

Il est "inacceptable" que Damas refuse des observateurs de l'ONU en fonction de leur nationalité, a également déclaré le chef de la diplomatie française, après l'annonce par les Etats-Unis que le régime syrien ne veut pas de Casques bleus originaires des pays du groupe des Amis de la Syrie.

"En ce qui concerne le veto du gouvernement syrien vis-à-vis de tel ou tel contingent, il est inacceptable. Il n'appartient pas au régime syrien de choisir parmi les possibilités que les Nations unies pourront dégager", a-t-il lancé.

Le ministre a reçu au Quai d'Orsay Rima Flihane, écrivain vivant en Jordanie et représentante des Comité locaux de coordination, Souhayr Atassi, militante de l'ONG Instance générale de la révolution, résidente en France depuis l'automne, et Samar Yazbek, écrivain alaouite, auteur de "Feux croisés, Journal de la révolution syrienne".

Ces opposantes ont dit souhaiter "une solution politique" au drame syrien et qualifié le plan Annan d'"initiative condamnée à l'échec".

cr/prh/pb

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