Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

Syrie: Douma pilonnée par les troupes syriennes malgré la présence d'observateurs de l'ONU pilonnée par les troupes syriennes malgré la présence d'observateurs de l'ONU

BEYROUTH - Les troupes gouvernementales syriennes ont tiré des obus de mortier mercredi sur Douma, une banlieue de Damas dans laquelle se sont rendus à plusieurs reprises les observateurs des Nations unies.

Dans le nord-ouest du pays, un membre des forces de sécurité a été tué par l'explosion d'une voiture piégée, selon l'agence de presse officielle SANA.

Des militants syriens affirment que des troupes syriennes ont pilonné des bastions de l'opposition, comme Douma, après le départ des observateurs. D'après eux, le régime de Bachar el-Assad a arrêté ses attaques dans d'autres villes où les observateurs sont déployés pour des périodes plus longues.

Il y a actuellement 13 observateurs déployés en Syrie, mais ils doivent être une centaine d'ici un mois, et 300 à plus long terme.

Mercredi, les forces du régime ont pilonné Douma pour la deuxième journée consécutive, malgré la présence d'observateurs, a affirmé un militant de l'opposition, Mohammed Saïd. Il a ajouté que les forces du régime avaient tiré avant, pendant et après la visite des observateurs, leur troisième en trois jours à Douma.

Mohammed Saïd a raconté que l'électricité était coupée depuis une journée et que les civils s'étaient mis à l'abri dans les sous-sols et les étages inférieurs des bâtiments. Au moins huit personnes auraient été tuées mardi dans les bombardements. Les Comités locaux de coordination (CLC), un réseau de militants syriens, ont confirmé l'attaque sur Douma.

Malgré le cessez-le-feu, entré officiellement en vigueur le 12 avril, des violences sont signalées chaque jour en Syrie, 13 mois après le début du mouvement de contestation contre le régime du président Bachar el-Assad. La répression sanglante menée contre les protestataires a fait plus de 9000 morts, selon l'ONU.

La communauté internationale considère toujours le plan de paix de l'émissaire de la Ligue arabe et de l'ONU, Kofi Annan, comme la dernière chance d'empêcher la Syrie de basculer dans la guerre civile, en partie parce qu'il n'y a pas de réelle solution de rechange.

À Paris, à l'issue d'une rencontre avec des militants de l'opposition syrienne, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a affirmé que la France voulait que le Conseil de sécurité de l'ONU envisage d'autoriser une action militaire en Syrie si le plan de paix ne suffit pas pour faire cesser les violences. Une telle intervention semble toutefois peu probable parce que la Russie et la Chine, qui disposent d'un droit de veto au Conseil, risquent de s'y opposer.

Le 5 mai, Kofi Annan doit présenter au Conseil de sécurité un rapport sur son plan de paix. Alain Juppé a qualifié ce jour de «moment de vérité» pour voir si les efforts de médiation fonctionnent ou non.

De leur côté, les rebelles ont aussi intensifié leurs attaques. L'agence de presse officielle SANA a affirmé qu'un kamikaze avait fait exploser une voiture piégée près d'un poste de contrôle de l'armée le long d'un axe routier dans le nord-ouest de la Syrie mercredi, tuant un membre des forces de sécurité et en blessant deux autres.

Dans la province d'Alep, une bombe placée en bordure d'une route a explosé, blessant grièvement trois personnes, selon SANA.

Mardi, Kofi Annan a déclaré devant le Conseil de sécurité que la situation en Syrie était «sombre» et il s'est dit alarmé par les attaques continuelles du régime sur des villes dans lesquelles les observateurs ne sont pas présents. Mais il a aussi espéré que le déploiement rapide de 300 observateurs puisse «changer la dynamique politique» en Syrie.

Des militants de l'opposition ont affirmé que la présence d'observateurs pendant des périodes prolongées à certains endroits semblait modifier la donne, comme à Homs, où des observateurs sont déployés depuis le week-end dernier. Les bombardements ont cessé depuis leur arrivée, même si des fusillades sont encore signalées dans certains quartiers.

La ville de Hama était aussi calme mercredi, au lendemain du déploiement de deux observateurs dans la ville, selon l'ONU.

Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.