Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

Peu d'organismes de bienfaisance dépensent de l'argent en politique

OTTAWA - Le gouvernement fédéral veut mettre un frein aux activités politiques des organismes de bienfaisance enregistrés, mais les déclarations de revenus de ces organisations montrent que seulement une infime partie d'entre elles dépensent de l'argent à cette fin.

Une analyse de la base de données de l'Agence du revenu du Canada sur les organismes de bienfaisance effectuée par La Presse Canadienne indique que 450 des 85 000 organisations enregistrées au pays consacrent des fonds à des activités politiques. Cela correspond à moins d'un pour cent des groupes.

Le nombre réel pourrait toutefois être plus élevé puisque les organismes fournissent leurs renseignements à l'Agence sur une base volontaire. Cette découverte soulève tout de même des questions sur les raisons ayant poussé les conservateurs à restreindre davantage les activités politiques des organisations caritatives.

Selon Tides Canada, qui regroupe à la fois une fondation et un organisme soutenant des projets environnementaux et sociaux, il n'est pas impossible que les nouvelles restrictions énoncées dans le dernier budget fédéral visent plus particulièrement à museler une poignée de groupes écologiques qui irritent depuis longtemps Ottawa.

Le premier ministre Stephen Harper et l'organisation Ethical Oil, qui milite en faveur de l'exploitation des sables bitumineux, ont reproché à des organisations environnementales d'avoir accepté de l'argent de la part d'importantes fondations américaines afin de financer leurs campagnes contre des projets liés au pétrole ou au gaz naturel.

Le ministre fédéral des Ressources naturelles, Joe Oliver, a accusé des groupes environnementaux et d'autres organisations d'utiliser les fonds fournis par des groupes d'intérêt étrangers spécialisés afin de perturber les consultations sur un oléoduc qui permettrait de transporter le pétrole produit en Alberta jusqu'à un port en Colombie-Britannique.

Tides Canada a également été pointée du doigt pour avoir reçu du financement provenant des États-Unis.

Mais d'après son président, Ross McMillan, il y a une différence entre politique et militantisme. Il craint que les mesures mises en place par les conservateurs ne forcent les organismes de bienfaisance à laisser tomber certaines de leurs activités.

«Les organisations qui défendent une cause ou font de la politique seront probablement beaucoup plus prudentes maintenant, particulièrement en raison des sanctions plus lourdes suspendues au-dessus de leur tête», a-t-il fait valoir.

Les organismes de bienfaisance ont le droit d'effectuer des activités politiques non partisanes. La plupart d'entre elles peuvent consacrer 10 pour cent de leurs ressources financières à ce secteur, mais les moins importantes ont la permission d'aller jusqu'à 20 pour cent.

Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.