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John Edwards, le rêve de gloire brisé d'une petite ville américaine

Il fut un temps où la petite ville universitaire de Chapel Hill, en Caroline du Nord, rêvait que l'un des siens, le brillant John Edwards, accède un jour à la Maison Blanche. Jusqu'à ce qu'il soit emporté par un scandale sexuel qui pourrait le priver de liberté.

Agé de 58 ans, l'ex-étoile montante des démocrates américains est accusé d'avoir utilisé jusqu'à un million de dollars de fonds de campagne afin de cacher une liaison extra-conjugale avec Rielle Hunter, vidéaste et ancien membre de son équipe, avec qui il a eu un enfant.

L'ancien sénateur au sourire d'acteur, qui fut colistier du candidat démocrate à la Maison Blanche John Kerry en 2004, avant de se porter lui-même candidat à l'investiture de son parti pour la présidentielle de 2008, encourt jusqu'à 30 ans de prison.

"C'était le gamin du quartier. Nous étions très fiers de lui", raconte Jane Brown, 35 ans, une habitante de Chapel Hill, ville universitaire de Caroline du Nord (sud-est des Etats-Unis).

"Nous pensions tous qu'il était incroyable, exaltant, et nous adorions son épouse, une femme intelligente et indépendante", ajoute-t-elle.

John Edwards, qui se décrit comme un "fils d'ouvrier", était arrivé en ville dans les années 1970 pour étudier le droit à la prestigieuse Université de Caroline du Nord (UNI). Il y avait rencontré Mary Elizabeth Anania, qu'il avait ensuite épousée en 1977.

Le couple fera plus tard construire une grande maison à Chapel Hill, au sommet de la carrière de John Edwards. Ce dernier y vit toujours, avec son fils Jack de 11 ans et sa fille Emma de 14 ans. L'aînée Cate, avocate, s'est mariée l'année dernière et vit à Washington.

L'université fait partie intégrante de cette ville de 51.000 habitants. Jane Brown, qui y enseigne le journalisme, raconte avoir un jour réussi à lever depuis son domicile quelque 150.000 dollars de fonds pour la campagne de 2004 et le ticket John Kerry-John Edwards.

Son rêvé aurait été de voir l'enfant du pays à la Maison Blanche: "Nous pensions qu'il irait jusqu'au bout".

En 2007, au moment où l'ancien sénateur se préparait à se lancer pour la deuxième fois dans la course à la présidentielle, sa femme Elizabeth a annoncé qu'elle était atteinte d'un cancer mais qu'elle continuait à travailler sur la campagne de son mari.

C'est à ce moment-là que les premières rumeurs sur la liaison extra-conjugale de John Edwards ont commencé à naître.

Après avoir tout nié en bloc, le démocrate a finalement reconnu les faits, ajoutant même avoir eu un enfant de sa liaison avec Rielle Hunter. Son épouse, dont la vie avait ému les Américains, décédera des suites de sa maladie en 2010.

"Personne ne parle plus de lui ici", confie Jane Brown. "C'est une cause perdue, une tragédie".

"Edwards est quelqu'un du passé. Sa carrière publique est derrière lui", renchérit John Dinan, professeur en sciences politiques à l'université Wake Forest de Winston-Salem (Caroline du Nord).

A l'UNI, les langues ne se délient guère lorsqu'on aborde le sujet. "Les gens n'aiment pas parler de lui parce que c'était une idole", explique Brandon Jones, fraîchement diplômé de l'université. Sa chute "nous rappelle qu'on a tous nos vices et nous défauts".

Au Spanky's Restaurant and Bar, le portrait de John Edwards était autrefois affiché aux côtés d'autres célébrités passées par la région, comme la légende du basket-ball Michael Jordan.

Mais quand le scandale a éclaté et que sa femme est morte, explique le barman, Travis White, "nous avons pensé qu'il était préférable de le décrocher et de mettre celui (de sa femme) à sa place".

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