POLITIQUE
25/04/2012 08:33 EDT | Actualisé 25/06/2012 05:12 EDT

Stephen Harper ne ferme pas la porte à une prolongation de la mission en Afghanistan

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Le Canada pourrait bien rester en Afghanistan au-delà de l'échéancier prévu de 2014, le premier ministre Stephen Harper refusant de fermer la porte à cette option.

Le Pentagone aurait demandé au gouvernement canadien de laisser en Afghanistan une unité spéciale après le retrait de l'OTAN en 2014, selon certains médias.

S'il a assuré ne pas avoir reçu cette demande "spécifique" de la part des États-Unis, le premier ministre a laissé planer le doute, mercredi, sur ce qu'il répondrait si une telle demande lui était formulée.

"À mesure que nous approchons de cette date, nous examinerons toutes nos options et nous prendrons la décision qui est dans les meilleurs intérêts de ce pays et dans les meilleurs intérêts de nos objectifs de sécurité pour la planète", a signalé M. Harper en Chambre.

Il répondait ainsi à une question du chef de l'opposition Thomas Mulcair, qui a ensuite rétorqué que les Canadiens prenaient des notes. Pour le Nouveau Parti démocratique (NPD), le premier ministre "joue avec le feu", alors que le Parlement a pourtant officiellement voté pour mettre fin l'an dernier à la mission de combat à Kandahar.

Il y a actuellement près de 950 Canadiens en poste à Kaboul dont le rôle est de former les troupes afghanes afin qu'elles puissent prendre en main la sécurité de leur pays lors de leur départ, prévu en 2014. Si un prolongement était approuvé, les militaires canadiens qui demeureraient dans le pays en guerre auraient pour mission de poursuivre l'entraînement de l'armée afghane, voire de lui prêter main forte.

M. Mulcair accuse le gouvernement de calquer la politique étrangère canadienne sur celle de son voisin du Sud. "Est-ce que Stephen Harper va enfin démontrer qu'il est capable d'avoir une politique indépendante pour le Canada et ne pas s'en laisser imposer par les États-Unis?", avait-il laissé tomber un peu plus tôt.

Mais M. Harper a assuré que le Canada sera maître de ses décisions, advenant que ses alliés lui demandent de rester en Afghanistan plus longtemps. "Que cela vienne ou non, laissez-moi être très clair: le Canada prendra ses propres décisions à cet égard", a-t-il dit.

Le porte-parole néo-démocrate en matière de défense, Jack Harris, n'y croit pas.

"Ce que je retiens de cela est (qu'une prolongation) ne sera pas discutée au Parlement. Ils en discutent déjà avec les Américains et ils prendront les décisions qu'ils pensent bonnes", a-t-il fait valoir.

Pour le chef libéral Bob Rae, il ne fait pas de doute que le Canada a fait sa part dans ce pays en guerre et qu'il est désormais temps pour les forces afghanes de prendre le relais. "La Canada a fait son job en Afghanistan, avec fierté, avec beaucoup de courage", a-t-il dit.

Son député Denis Coderre craint cependant que le gouvernement conservateur tente, en laissant planer le doute sur cette question, de détourner l'attention médiatique de dossiers moins reluisants pour lui, comme l'achat des avions F-35 et les frasques de la ministre de la Coopération internationale, Bev Oda.

"Il y a rien de mieux que de laisser une marmite entrouverte pour qu'on puisse parler d'autre chose pendant ce temps-là", a illustré M. Coderre.