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CGI mise beaucoup sur la santé malgré l'incertitude entourant la réforme Obama

MONTRÉAL - Le Groupe CGI (TSX:GIB.A) ne craint pas qu'un éventuel abandon de la réforme de la santé de l'administration de Barack Obama nuise à ses perspectives de croissance aux États-Unis.

La Cour suprême du pays a récemment tenu des audiences au cours desquelles certains juges se sont montrés très critiques de la réforme, ce qui a poussé plusieurs analystes à avancer que le tribunal s'apprête à invalider le projet phare du président.

«Je ne veux pas prédire ce qui se passera à la Cour suprême des États-Unis, mais j'ai l'impression que le problème plus large auquel font face l'industrie de la santé et les gouvernements, c'est le coût (croissant) des soins», a déclaré mercredi le président et chef de la direction de CGI, Michael Roach, au cours d'une téléconférence avec les analystes financiers.

«Alors, peu importe le dénouement de ce dossier, les coûts de la santé continuent d'augmenter et les technologies de l'information font partie de la solution», a-t-il ajouté.

L'entreprise montréalaise tire environ 11 pour cent de ses revenus totaux de services qu'elle fournit à des entreprises et des gouvernements dans le secteur de la santé, principalement aux États-Unis. C'est ce créneau qui a connu la plus forte croissance au cours du deuxième trimestre de CGI, soit 19,4 pour cent par rapport à la même période de l'an dernier.

Parmi les services que CGI offre dans ce domaine, on compte l'automatisation de dossiers médicaux et la vérification de certaines demandes présentées dans le cadre des programmes d'assurance maladie Medicaid et Medicare.

Résultats

Malgré la forte progression enregistrée dans le secteur de la santé, les revenus et les profits nets de CGI ont reculé au deuxième trimestre, qui a pris fin le 31 mars.

L'entreprise a affiché un bénéfice net de 105,7 millions $ (40 cents par action), en baisse de 11 pour cent par rapport aux 118,7 millions $ (43 cents par action) dégagés il y a un an. La marge bénéficiaire s'est cependant améliorée, passant de 13,8 à 14,7 pour cent sur un an.

Les analystes financiers tablaient en moyenne sur un bénéfice par action de 40 cents.

Le chiffre d'affaires s'est élevé à 1,07 milliard $, en baisse de 4,1 pour cent. Les revenus ont augmenté de 9,6 pour cent au États-Unis, mais ils ont baissé de 11,4 pour cent au Canada, de 22 pour cent dans la division des services mondiaux d'infrastructure et de 4,1 pour cent en Europe. Le recul est notamment attribuable à la fin de contrats du Mouvement Desjardins et du gouvernement fédéral canadien.

Au cours du trimestre, CGI a signé des contrats évalués à 787 millions $, ce qui porte à 5,1 milliards $ la valeur totale des ententes conclues au cours des 12 derniers mois.

La valeur du carnet de commandes du groupe a reculé de 3,3 pour cent par rapport à la fin de 2011 pour atteindre 13,1 milliards $. Sur un an, toutefois, la taille du carnet a crû de 5,3 pour cent.

M. Roach s'est particulièrement réjoui, mercredi, du fait que CGI s'est qualifié pour 12 nouveaux contrats-cadres du gouvernement fédéral américain dont la valeur potentielle pourrait atteindre 5,6 milliards $ US.

Dans le secteur de la défense, les restrictions budgétaires imposées par Washington ont toutefois eu pour conséquence de remettre à plus tard des revenus potentiels de 120 millions $ US.

«La valeur des contrats signés pendant le trimestre est faible puisqu'elle ne représente que 74 pour cent des revenus (...), mais la direction a énoncé des commentaires positifs pendant la téléconférence à l'effet que les signatures de contrats devraient s'accélérer dans la deuxième moitié de l'exercice», a écrit l'analyste Kris Thompson, de la Financière Banque Nationale, dans un rapport.

CGI a notamment identifié des contrats potentiels d'une valeur totale de 2 milliards $ US dans le secteur de l'infonuagique (stockage d'informations sur des sites à distance) aux États-Unis. L'entreprise a déjà signé des contrats semblables totalisant 100 millions $.

Pour sa part, l'analyste Maher Yaghi, de Valeurs mobilières Desjardins, se montre plus pessimiste.

«Le contrôle des coûts reste une force de CGI, mais nous croyons que la compagnie a du mal à trouver de nouvelles occasions de croissance du fait qu'elle n'est pas exposée aux marchés émergents et que les secteurs dans lesquels elle est présente continuent de connaître une faible croissance des revenus», a-t-il écrit dans une note.

CGI maintient son objectif de doubler ses revenus annuels d'ici 2013 par rapport au chiffre d'affaires de 3,7 milliards $ enregistré en 2007-08, mais reconnaît que cette cible sera difficile à atteindre. L'an dernier, les revenus ont totalisé 4,2 milliards $.

Sur le plan des acquisitions, CGI n'entrevoit rien à l'horizon. Le prix des entreprises disponibles sur le marché est relativement bas, mais cela s'explique souvent par le fait que leur rentabilité est faible, a expliqué Michael Roach.

Une chose est sûre, toutefois: si une occasion se présentait en Europe, CGI n'hésiterait pas à la saisir, voyant le Vieux Continent comme l'un de ses principaux vecteurs de croissance à long terme.

CGI, qui figure parmi les plus importantes entreprises indépendantes de services en technologies de l'information et en gestion des processus d'affaires dans le monde, emploie environ 31 000 personnes.

L'action de CGI a gagné 5,2 pour cent mercredi pour clôturer à 21,60 $, à la Bourse de Toronto.

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