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23/04/2012 10:31 EDT | Actualisé 23/06/2012 05:12 EDT

Tunisie: les salafistes veulent étouffer l'opposition (mouvement de gauche)

Des groupes salafistes veulent étouffer la voix de l'opposition en Tunisie, a accusé lundi le dirigeant d'un mouvement citoyen de gauche, Jawhar Ben Mbarek, empêché de tenir une réunion vendredi puis agressé samedi pendant une tournée dans le sud du pays.

"Ces agressions répétées ont un seul objectif, vider la scène politique de toute voix d'opposition. C'est dangereux non seulement pour les droits les plus élémentaires mais aussi pour la transition démocratique", a précisé à l'AFP Jawhar Ben Mbarek, le leader du réseau Doustourna, un mouvement citoyen tunisien indépendant.

Il a estimé que "certaines déclarations des membres du gouvernement et de l'Assemblée nationale constituante" favorisaient un climat de violence, sans plus de précisions.

M. Ben Mbarek avait été agressé samedi pendant une réunion avec des jeunes diplômés chômeurs près de Kebili (sud) par une quarantaine de jeunes âgés de 20 ans maximum, appartenant au courant salafiste, selon son témoignage. "Certains cherchaient un couteau pour m'égorger", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse.

"Nous somme en danger et nous devons unir nos rangs dans un seul front de résistance pour les affronter" a lancé la cinéaste Salma Baccar, membre de l'Assemblée constituante (ANC).

Le gouvernement provisoire et le mouvement islamiste Ennahda qui domine l'ANC et dirige les ministères clés du pays "assument la responsabilité de la violence dans le pays puisque ils ferment les yeux face aux actions de ceux qui portent la bannière noire (des salafistes)", a renchéri un autre député de l'ANC, Khemaïs Ksila.

Pour sa part, le chef historique du Parti Démocrate progressiste (PDP) Ahmed Néjib Chebbi a appelé à un grand rassemblement le premier mai, date célébrant la journée internationale du travail, pour défendre les liberté.

Outre des représentants de l'ANC et des partis politiques, des avocats et des représentants d'associations non gouvernementales tunisiennes et étrangères ont assisté à cette conférence et signé une pétition pour dénoncer "des atteintes répétées aux libertés et aux droits fondamentaux".

kl/cf/jpc

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