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23/04/2012 12:57 EDT | Actualisé 23/06/2012 05:12 EDT

Ruptures dans la fourniture en gaz égyptien: coût de 2 mds USD pour Amman

La Jordanie a exprimé lundi son inquiétude quant aux coupures dans l'approvisionnement en gaz égyptien, estimant que cela pourrait coûter au royaume plus de deux milliards de dollars en 2012.

"Nous sommes inquiets de la situation énergétique. Les approvisionnements en gaz égyptien sont devenus instables", a déclaré le ministre jordanien du Commerce et de l'Industrie, Sami Gammou, lors d'une conférence de presse.

"Nous faisons de notre mieux et (agissons) dans toutes les directions. L'Irak et les pays du Golfe ont promis de nous aider à couvrir nos besoins", a-t-il ajouté.

Depuis 2011, le gazoduc alimentant Israël et la Jordanie a été visé par 14 attentats, entraînant des ruptures dans l'approvisionnement.

Le gaz égyptien satisfait 80% des besoins de la Jordanie pour alimenter ses centrales électriques.

"L'achat de gaz directement sur le marché international va coûter plus cher", créant une "pression sur nos ressources financières limitées", a déclaré M. Gammou.

Alors que l'Egypte fournissait 300 millions de m3 de gaz par jour à la Jordanie en 2009, ce chiffre est tombé à 78 millions en 2011, a indiqué le chef de la commission de régulation de l'électricité Ahmad Hyasat.

"La Jordanie ne reçoit quasiment plus de gaz égyptien et nous nous attendons à ce que cela coûte au pays plus de 1,5 milliard de dinars (2,1 milliards de dollars)", a-t-il dit.

"C'est un gros problème, qui exige de reconsidérer les tarifs de l'électricité", a-t-il précisé.

La Jordanie importe 95% de ses besoins énergétiques, dont 10.000 barils/jour acquis à prix préférentiel auprès de l'Irak, à qui le royaume hachémite réclame d'augmenter cet approvisionnement.

Ces déclarations interviennent alors que l'Egypte a décidé dimanche d'annuler ses exportations de gaz vers Israël en invoquant le non-respect de certaines clauses de leur contrat.

Lundi, Le Caire a indiqué être disposé à reprendre ses exportations vers l'Etat hébreu, mais à "un nouveau prix et de nouvelles conditions".

La fourniture de gaz à Israël, négociée sous le règne de Hosni Moubarak, chassé par la rue en février 2011, fait depuis des mois l'objet de vives critiques en Egypte, où l'on estime en particulier que le prix a été sous-évalué.

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