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23/04/2012 02:51 EDT | Actualisé 23/06/2012 05:12 EDT

Procès John Edwards: manoeuvres douteuses d'un témoin de la poursuite

GREENSBORO, États-Unis - Un témoin clé qui doit être appelé à la barre par la poursuite dans le procès criminel de l'ancien candidat à la présidentielle John Edwards est entré en contact avec d'autres témoins pour s'enquérir de leur témoignage, ce qui pourrait constituer une violation de la loi fédérale, a annoncé lundi une juge.

La juge de la cour de district des États-Unis Catherine C. Eagles a affirmé que Andrew Young, l'ancien conseiller de M. Edwards, avait appelé les trois autres témoins au cours des deux dernières semaines.

La magistrate a déclaré que les avocats de John Edwards pouvaient mentionner l'existence de cet échange inapproprié lors de leur déclaration d'ouverture, lundi. Il leur sera toutefois interdit d'employer le terme «subornation de témoins» ou de mentionner au jury qu'Andrew Young a eu, en 2007, une histoire d'un soir avec l'une des autres personnes appelées à témoigner, a signalé la juge Eagles.

M. Young est celui qui, initialement, avait réclamé la paternité du bébé de Rielle Hunter, qui était en fait l'enfant illégitime de John Edwards. Le conseiller tentait de protéger son patron.

Il est probablement le témoin le plus important des procureurs du gouvernement, qui cherchent à prouver que M. Edwards a enfreint les lois fédérales sur le financement électoral.

L'homme de 58 ans a plaidé non coupable aux six accusations qui pèsent contre lui, en lien avec des paiements de près de 1 million $ US effectués par deux donateurs bien nantis. L'essentiel de cet argent a été utilisé pour camoufler la maîtresse enceinte du candidat pendant sa campagne de 2008.

M. Edwards était à ce moment marié à sa femme Elizabeth, qui est décédée du cancer en décembre 2010.

L'ancien candidat démocrate est demeuré tranquillement assis dans la salle d'audience de Greensboro, en Caroline du Nord, lundi, alors que le procureur le décrivait comme un homme qui aurait dit ou fait n'importe quoi pour accéder à la présidence, notamment de contrevenir à la loi pour cacher sa liaison amoureuse.

«En fin de compte, il n'y avait pas seulement un mariage à préserver», a argué Me David Harbach. «Si l'aventure avait été rendue publique, cela aurait anéanti ses chances de devenir président, et il le savait (...) Il a choisi d'enfreindre la loi.»

L'un des avocats de John Edwards a déclaré aux 12 membres du jury que la plus grosse partie de l'argent dont il est question dans ce procès n'a pas été versé à Rielle Hunter, mais qu'elle a plutôt été siphonnée par Andrew Young et son épouse, puis utilisé pour la construction de la «maison de rêve» du couple, d'une valeur de 1,5 million $.

En outre, ces dons ont été faits par des amis qui voulaient empêcher la femme du candidat de découvrir l'existence de sa maîtresse, Rielle Hunter, ont plaidé les avocats de M. Edwards.

La juge Catherine C. Eagles s'attend à ce que le procès dure environ six semaines. Le tribunal tentera notamment de déterminer si M. Edwards savait que ces paiements avaient été effectués en son nom. Les deux donateurs en question avaient déjà contribué 2500 $ US chacun à sa campagne, soit le maximum autorisé par la loi fédérale.

M. Edwards nie avoir été informé de ces paiements, qui ont servi à défrayer des avions privés, des chambres d'hôtel de luxe et les soins médicaux de Mme Hunter. Les procureurs tenteront de démontrer qu'il a sollicité ces dons et demandé à ce qu'ils soient utilisés pour camoufler ses agissements.

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