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23/04/2012 10:42 EDT | Actualisé 23/06/2012 05:12 EDT

Ouverture en Afrique du Sud du procès d'une bavure policière

Huit policiers sud-africains comparaissent depuis lundi devant la cour régionale de Ficksburg (centre) pour avoir frappé à mort il y a un an un manifestant dont le décès, filmé par une chaîne de télévision, avait mis le pays en émoi.

L'audience, qui doit durer quatre jours, a démarré avec retard, le temps pour la cour de trouver un vidéo-projecteur pour visionner les images de la manifestation.

Les poursuites contre l'un des huit policiers ont ensuite été abandonnées, selon l'agence de presse sud-africaine Sapa, ses sept collègues restant accusés de meurtre ou coups et blessures aggravées. Ils plaident non coupables.

Le 13 avril 2011, Andries Tatane, 33 ans, a été tué à coup de poing et de pied à Meqheleng près de la localité agricole de Setsoto par des policiers pendant une manifestation de riverains en colère contre le manque de services publics.

La scène avait été filmée par une caméra de télévision et diffusée par la chaîne télévisée publique SABC. Sur l'image, cet homme est torse nu face à des hommes en gilets pare-balle qui le rouent de coups de matraque. A un moment, sa poitrine est ensanglantée. Vingt minutes plus tard, il s'effondre et meurt avant l'arrivée des secours.

Signe que l'affaire reste sensible en Afrique du Sud, une importante présence policière a été déployée autour du procès.

Quand Andries Tatane est mort, cela faisait déjà plusieurs jours que les riverains protestaient à l'aide de pneus enflammés et de barricades de pierres et de briques.

Dix-huit ans après la fin de l'apartheid, l'Afrique du Sud est régulièrement secouée par des manifestations de ce type qui témoignent du dénuement persistant de millions de personnes, sans eau, électricité, logement ou services de base.

Ces manifestations dégénèrent souvent en échauffourées.

Face à l'émotion provoquée par la mort d'Andries Tatane, le Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis 1994 en Afrique du Sud, avait officiellement déploré la brutalité de la police, digne selon lui de l'apartheid.

clr/cpb/jpc

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