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23/04/2012 01:40 EDT | Actualisé 23/06/2012 05:12 EDT

Ouest ivoirien: le président Ouattara à Duékoué, ville martyre de la crise

Le président Alassane Ouattara s'est rendu lundi à Duékoué pour appeler à la réconciliation à l'occasion de sa première visite dans cette ville martyre de l'ouest de la Cote d'Ivoire, théâtre de tueries durant la crise politico-militaire de 2010-2011.

Accompagné de son épouse Dominique, le chef de l'Etat est arrivé sur la place envahie de milliers de personnes où il devait prendre la parole lors d'un meeting.

"La réconciliation en marche à Duékoué", proclamait une grande banderole face à la tribune présidentielle.

Alors que l'assistance scandait "ADO, ADO, ADO", son surnom, M. Ouattara s'est offert un bain de foule et a salué les chefs religieux et communautaires, en clôture d'une tournée de trois jours dans l'Ouest, sa première visite dans l'intérieur du pays.

A chaque étape, il s'est présenté en "président de tous les Ivoiriens", a appelé au pardon et à la justice, a promis de dédommager les victimes mais aussi d'accélérer le développement d'une région longtemps négligée.

Un impressionnant dispositif de sécurité avait été déployé, avec des militaires armés de lance-roquettes et de fusils d'assaut. La foule avait bravé la canicule depuis des heures, entre chants et danses traditionnelles au son du balafon et des tambours.

"C'est un signe de la paix retrouvée, car nous avons trop souffert de la crise ici à Duékoué. Nous disons +plus jamais ça+, on veut la paix", a déclaré à l'AFP Katogoma Kalo, commerçant et représentant des Mahou (ethnie venue du Nord) à Duékoué.

Des "dozos" (chasseurs traditionnels), avec leurs célèbres amulettes, étaient là aussi. Ils assument parfois des missions de sécurité dans la région, mais sont souvent critiqués en raison des exactions qui leur sont imputées.

Le département de Duékoué n'est "pas totalement pacifié", a averti un élu, appelant à améliorer la sécurité et à lancer dans la zone un "plan Marshall" dénommé pour la circonstance "plan ADO".

Duékoué, comme l'ensemble de cette région frontalière du Liberia et de la Guinée, est en proie depuis des années à des affrontements interethniques sur fond de conflits fonciers, et connaît encore des violences ponctuelles.

Duékoué est un symbole de la crise née du refus de l'ex-président Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite au scrutin de novembre 2010, qui a fait quelque 3.000 morts jusqu'en avril 2011, dont un millier dans l'Ouest selon l'ONU.

Des centaines de personnes ont été tuées dans cette ville proche du Liberia et dans ses environs fin mars 2011 à l'occasion de sa prise par les forces pro-Ouattara au début de leur offensive sur Abidjan. Ces combattants ont été gravement mis en causes par les ONG internationales pour ces tueries.

Le 14 mars, une équipe de la Cour pénale internationale (CPI) s'est rendue à Duékoué enquêter sur de possibles charniers, dont de nombreux témoins ont fait état.

Les tensions restent fortes entre les autochtones guéré, comptant de nombreux partisans de M. Gbagbo, et les autres communautés, largement pro-Ouattara.

Un camp proche de Duékoué accueille aujourd'hui encore environ 5.000 personnes.

ck-tmo/jlb

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