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23/04/2012 02:27 EDT | Actualisé 23/06/2012 05:12 EDT

Opposants chiites bahreïnis en cassation: examen reporté au 30 avril

La cour de cassation de Bahreïn a reporté lundi au 30 avril son examen de l'affaire de 21 opposants chiites, dont un en grève de la faim, condamnés à des peines allant jusqu'à la perpétuité pour complot contre la monarchie sunnite, a-t-on appris de source judiciaire.

Ce report a été annoncé lors d'une brève audience au tribunal, qui avait été isolé par un cordon de sécurité pour empêcher la tenue d'un sit-in de protestation de l'opposition interdit par les autorités.

Parmi les opposants impliqués dans cette affaire figure Abdel Hadi Khawaja, en grève de la faim depuis le 8 février.

Dimanche, alors que des ONG et des capitales européennes se sont inquiétées de son état de santé, le parquet de Manama avait affirmé dans un communiqué que M. Khawaja était "en bonne santé".

Un représentant du parquet a rendu visite dimanche matin au détenu, pris en charge à l'hôpital militaire, et a rencontré ses médecins traitants, a déclaré le procureur général, Abderrahman Al-Sayed, dans le communiqué.

L'épouse du militant, Khadija al-Moussawi, a en revanche affirmé dimanche à l'AFP qu'il ne buvait plus d'eau "depuis vendredi soir", et qu'il s'exprimait "avec lenteur" et d'une "voix faible" lors d'une conversation téléphonique samedi.

Amnesty International a dénoncé le report de l'affaire, estimant que "ces tactiques dilatoires des autorités de Bahreïn jouaient avec la vie d'Abdel Hadi Khawaja, qui est au seuil de la mort, entrant dans son 75e jour sur la grève de la faim".

L'ONG, basée à Londres, a souligné que les accusés dans ce dossier étaient des "prisonniers de conscience, détenus uniquement pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d'expression lors de manifestations anti-gouvernementales l'an dernier".

Selon une commission indépendante, la répression de la révolte en février/mars 2011 avait fait 35 morts. Amnesty International estime pour sa part que 60 personnes ont été tuées depuis le début du mouvement.

Les chiites, majoritaires dans ce royaume dirigé par une dynastie sunnite, demandent une monarchie constitutionnelle véritable, avec un Premier ministre choisi parmi la majorité au Parlement.

Ils ont multiplié les manifestations à l'occasion du Grand Prix de Formule 1, qui s'est tenu dimanche à Manama.

bur/lyn/cco/lap

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