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23/04/2012 03:41 EDT | Actualisé 23/06/2012 05:12 EDT

Nicolas Sarkozy tentera de conquérir les électeurs du Front national

SAINT-CYR-SUR-LOIRE, France - Au lendemain du premier tour, Nicolas Sarkozy a lancé sa stratégie visant à inciter les électeurs du Front national à se reporter sur sa candidature, lors d'un déplacement près de Tours (Indre-et-Loire).

Pour sa première sortie, le président-candidat est allé rencontrer des agriculteurs, avec qui il a discuté pendant près d'une heure, dans le cadre bucolique d'une exploitation viticole de Vouvray, en Touraine.

Souriant, se montrant détendu, goûtant même un verre de vin, il n'en est pas moins entré de plain pied dans sa stratégie d'entre-deux-tours.

Devant les médias, M. Sarkozy a affirmé qu'il s'adressait au peuple de la France, aussi bien à celui qui a voté François Bayrou, qui est inquiet de ses déficits et qui croit en l'Europe, qu'à celui qui a exprimé un vote pour Mme (Marine) Le Pen et qui veut qu'on écoute sa souffrance, alors que «François Hollande parle à la gauche».

Le candidat centriste a obtenu 9,13 pour cent dimanche et la présidente du Front national, 17,90 pour cent.

Lors d'un meeting ensuite à Saint-Cyr-sur-Loire, une ville où il a — légèrement — amélioré son score de 2007, Nicolas Sarkozy a présenté les «conclusions» qu'il tirait des résultats du premier tour, où il est arrivé en deuxième position avec 27,18%.

«De mon point de vue, ce sont tous les dirigeants politiques -— pas simplement les Français — tous les dirigeants du continent européen, et même du monde, qui doivent entendre la montée partout dans le monde de ce que j'appellerais un vote de crise», a-t-il expliqué.

«Je n'aime pas le mot populisme, méprisant, comme si d'un côté il y a les élites qui savent, et de l'autre il y a le peuple qui forcément ne sait pas. Bien sûr, le vote protestataire au sens de protestation, c'est un vote de crise, et si nous ne changeons rien, si nous ne nous mettons pas d'accord sur de nouvelles règles, nous risquons de refaire le chemin tragique des années 30, parce que les peuples ne supporteront plus les souffrances que leur infligent les désordres du monde», a-t-il averti, faisant référence à la montée du nazisme en Allemagne.

«Mon devoir de président et de candidat, c'est d'écouter ce que disent les Français, pas de nier ce qu'ils ont dit», a-t-il estimé, dans un message aux électeurs du FN.

«Je veux m'adresser à ceux dont on méprise la douleur, à tous ceux auxquels on ne donne jamais la parole parce que, au fond, on ne veut pas entendre leurs plaintes, à tous ceux qui ne supportent plus le déni de souffrance dont ils se sentent victimes, à tous ceux qui en ont assez d'entendre que l'insécurité n'est pas une réalité, que l'immigration, ce n'est pas un sujet», a-t-il ajouté.

Au passage, il a critiqué l'attitude de son adversaire socialiste François Hollande, arrivé en tête au premier tour avec 28,63 pour cent des suffrages.

«Je vois bien que du coté de la gauche, on se bouche le nez, on regarde ces Français avec commisération, on ne comprend pas ce vote, on veut le nier, on voudrait même interdire de parler à ces Français. Moi, je dis non. Il faut considérer cette expression comme un fait majeur, ne pas considérer que c'est une anecdote», a insisté le président-candidat.

«Ce n'est parce qu'on n'a pas le vote populaire qu'on drague le vote communautaire», a-t-il lancé à l'encontre de la gauche.

«Je n'accepterai pas de prendre de leçons de morale de personne, et certainement pas d'une gauche qui voulait avec enthousiasme installer M. Strauss-Kahn à l'Elysée il y a quelques mois», s'est-il indigné.

Nicolas Sarkozy est revenu sur le thème de l'immigration qu'il sait porteur auprès de l'électorat d'extrême droite, notamment lorsque François Hollande propose d'octroyer aux étrangers le droit de vote aux élections locales.

Pour le candidat UMP, le «message crucial» adressé par les électeurs est le suivant: «Nous voulons qu'on respecte notre mode de vie, car nous ne voulons pas changer notre mode de vie».

Après avoir annoncé lundi matin vouloir organiser la fête du «vrai travail» le 1er mai prochain à Paris, il a développé ce thème.

«Permettez-nous de vivre de notre travail: voilà la première revendication des Français», a-t-il affirmé.

«Le vrai travail» est produit selon lui par «celui qui a commencé tout en bas, qui s'est hissé le plus haut possible et qui se dit 'je veux que mes enfants puissent vivre mieux que moi'».

Enfin, le président sortant a réitéré ses attaques contre la règle d'égalité du temps de parole et l'attitude des médias, décrivant «un système médiatique absolument déchaîné» contre lui.

«On nous a dit: égalité. Mais où est l'égalité quand il n'y a pas d'impartialité?», s'est-il indigné.

«Quand on voit le sort qu'on nous promettait (...) les résultats d'hier montrent que le second tour, nous pouvons, vous pouvez, le regarder avec une grande confiance», a-t-il assuré à ses partisans.

«Ils se sont trompés au premier, ils vont se tromper encore massivement au second», a-t-il prédit.

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