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23/04/2012 09:44 EDT | Actualisé 23/06/2012 05:12 EDT

Les observateurs en tournée à travers la Syrie, 15 morts dans des violences

Quinze personnes ont encore été tuées lundi en Syrie, où les observateurs dépêchés par l'ONU pour surveiller le cessez-le-feu, violé quotidiennement depuis son instauration, ont entamé leur deuxième semaine de mission par des visites dans plusieurs régions.

Rebelles et militants comptaient sur la présence des observateurs pour empêcher de nouvelles entorses à la trêve entrée officiellement en vigueur le 12 avril, conformément au plan de l'émissaire international Kofi Annan, mais les violences meurtrières se sont poursuivies.

Neuf civils ont été tués à Hama (centre) par les troupes du régime, un autre près de Damas, et cinq soldats dans les régions de Deraa (sud) et de Hama, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

De son côté, l'agence officielle Sana a fait état de la mort de quatre personnes, dont trois soldats, à Deraa et Hama, tués par des "groupes terroristes armés".

L'équipe restreinte d'observateurs -- qui doit à nouveau être renforcée de deux membres lundi -- s'est notamment rendue dans la ville rebelle de Zabadani, à 47 km au nord-ouest de Damas, théâtre régulier de manifestations anti-régime et de combats entre les troupes du régime et l'Armée syrienne libre (ASL) qui regroupe des déserteurs.

Elle a également visité Douma, selon des militants, au lendemain de violents assauts durant lesquels trois civils ont péri dans cette banlieue de la capitale. Des milliers de manifestants se sont rassemblés autour des quatre Casques bleus qui visitaient la ville, scandant des slogans réclamant la chute du régime et l'armement des rebelles de l'ASL, selon des vidéos de militants.

L'équipe "poursuit son travail, effectuant des visites quotidiennes et établissant des contacts avec toutes les parties afin de préparer la Mission de supervision des Nations unies en Syrie (Mismnus)", a déclaré Neeraj Singh, un responsable de l'équipe avancée de l'ONU.

D'autres étaient à al-Bab, dans la province d'Alep (nord), au moment où les forces gouvernementales menaient perquisitions et arrestations, selon l'OSDH.

Parmi les Casques bleus, deux restent désormais en permanence à Homs (centre), ville symbole de la révolte et de la répression dans le centre du pays. Ils se sont rendus, selon Sana, dans le quartier al-Waër.

Abou Yazan al-Homsi, militant à Homs, a dit douter de l'efficacité de cette mission. "Je ne comprends pas exactement l'objectif de cette mission. Si elle consiste à donner plus de temps au meurtrier Bachar (al-Assad), nous pouvons nous passer des observateurs", a-t-il réagi via Skype.

"Les bombardements sur le quartier de Khaldiyé se sont poursuivis toute la nuit et jusqu'à l'aube sous les yeux et les oreilles des observateurs", a-t-il ajouté, précisant que des tirs avaient également retenti lundi à Homs.

Selon lui, le régime ne respecte aucun des points du plan Annan: "il n'a pas retiré les chars des villes et n'a libéré aucun détenu".

Alors que l'OSDH a recensé plus de 200 morts depuis son instauration, M. Annan a encore appelé dimanche Damas à arrêter "une fois pour toutes" d'utiliser des armes lourdes et à "les retirer des centres de population".

Samedi à New York, le Conseil de sécurité de l'ONU a voté à l'unanimité une deuxième résolution sur la Syrie, autorisant l'envoi d'une mission élargie de 300 Casques bleus non armés, après 13 mois de violences qui ont fait plus de 11.100 morts selon l'OSDH.

Aucun délai n'a été pour le moment donné pour ce déploiement.

Pour accentuer la pression sur le régime de Bachar al-Assad qui semble déterminé à poursuivre la répression de la contestation et à réduire les poches de rébellion, l'Union européenne a voté un 14e train de sanctions, interdisant les exportations de produits de luxe vers la Syrie.

En outre, l'UE a voté des restrictions sur le matériel servant à la répression qui viennent compléter des listes déjà en vigueur depuis un embargo sur les armes.

La Suisse a durci elle aussi ses mesures, imposant des sanctions à l'encontre d'Anisa et Asma Al-Assad, la mère et l'épouse du président Bachar Al-Assad, ainsi que de plusieurs membres du gouvernement.

Enfin, Paris a "condamné" l'inculpation de la blogueuse Razan Ghazzawi ainsi que de sept jeunes militants des droits de l'Homme, jugeant "inacceptable" leur comparution samedi devant une cour militaire à Damas.

bur-sbh/rm/cco

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