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23/04/2012 05:19 EDT | Actualisé 23/06/2012 05:12 EDT

Les observateurs dans la région de Damas, nouvelles sanctions européennes

Les observateurs internationaux visitaient lundi la région de Damas, entamant la deuxième semaine d'une mission dans l'incapacité jusqu'ici à faire respecter le cessez-le-feu violé quotidiennement, ce qui a valu au régime de nouvelles sanctions européennes.

Dimanche, les violences ont fait 17 morts, dont six civils tués par les troupes du régime dans la province de Homs, symbole de la révolte et de la répression dans le centre du pays, où deux Casques bleus sont désormais basés à la demande des habitants.

Rebelles et militants comptaient sur leur présence pour empêcher de nouvelles entorses au cessez-le-feu entré officiellement en vigueur le 12 avril conformément au plan de l'émissaire international Kofi Annan.

Alors que l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a recensé plus de 200 morts depuis son instauration, M. Annan a encore appelé dimanche Damas à arrêter "une fois pour toutes" d'utiliser des armes lourdes et à "les retirer des centres de population".

"Sur le terrain, l'équipe restreinte, qui doit à nouveau être renforcée de deux membres lundi, effectuait, des visites à la périphérie de la capitale", selon Neeraj Singh, un responsable de l'équipe avancée de l'ONU. De violents assauts ont tué trois civils dimanche dans cette zone.

L'équipe "poursuit son travail, effectuant des visites quotidiennes et établissant des contacts avec toutes les parties afin de préparer la Mission de supervision des Nations unies en Syrie (Mismnus)", a ajouté M. Singh.

Dimanche, les observateurs s'étaient rendus dans les provinces de Homs et de Hama (centre), où ils ont notamment rencontré des chefs de l'Armée syrienne libre (ASL) qui regroupe des militaires dissidents et le gouverneur de la province de Hama.

Samedi à New York, le Conseil de sécurité de l'ONU a voté à l'unanimité une deuxième résolution sur la Syrie, autorisant l'envoi d'une mission élargie de 300 Casques bleus non armés, après 13 mois de violences qui ont fait plus de 11.100 morts selon l'OSDH.

Les 300 observateurs doivent être déployés "rapidement" et "pour une période initiale de 90 jours", selon la résolution, mais le chef de l'ONU, Ban Ki-moon, devra auparavant déterminer si "la consolidation" du cessez-le-feu le permet.

Aucun délai n'a été pour le moment donné pour ce déploiement mais Helsinki a annoncé que dix militaires finlandais seraient envoyés le 4 mai en Syrie au sein de ce nouveau contingent.

L'opposition syrienne et l'ASL ont aussitôt salué cette décision, mettant toutefois en garde contre les tactiques du régime pour gagner du temps et ne pas se conformer au plan Annan, qui prévoit le retrait des troupes des villes, la libération des détenus et l'accès des humanitaires et de la presse.

Paris et Washington ont de leur côté affirmé que le renouvellement de la mission d'observation au-delà de 90 jours n'était pas automatique.

Pour accentuer la pression sur le régime de Bachar al-Assad qui semble déterminé à poursuivre la répression de la contestation entamée il y a 13 mois et à réduire les poches de rébellion, l'Union européenne a voté un 14e train de sanctions, interdisant les exportations de produits de luxe vers la Syrie.

"Il s'agit de faire comprendre au couple Assad, mais aussi à son clan et aux membres du régime, que les événements en Syrie ont également des conséquences sur leur train de vie personnel", a précisé un diplomate européen sous couvert d'anonymat, en admettant que ces mesures pouvaient être facilement contournées et qu'elles avaient essentiellement un caractère "symbolique".

En plus, l'UE a voté des restrictions sur le matériel servant à la répression qui viennent compléter des listes déjà en vigueur depuis un embargo sur les armes.

Au total, 126 personnes et 41 sociétés sont visées par des sanctions européennes qui visent notamment la Banque centrale, le commerce de métaux précieux ou les vols de fret.

bur-sbh/sw

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