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23/04/2012 01:20 EDT | Actualisé 23/06/2012 05:12 EDT

L'Egypte conditionne ses ventes de gaz à Israël à un meilleur prix

L'Egypte, qui a décidé de cesser ses exportations de gaz vers Israël, a indiqué lundi qu'elle pourrait reprendre ses livraisons à condition de revoir les prix et les modalités de ce contrat très critiqué par les Egyptiens.

Le chef de la holding gouvernementale égyptienne Egas a déclaré dimanche que l'Egypte avait décidé d'annuler le contrat d'exportation de gaz vers Israël en invoquant le non-respect de certaines clauses.

Au lendemain de cette annonce, la ministre égyptienne de la Coopération internationale, Fayza Aboul Naga, a conditionné les ventes à un nouveau contrat plus favorable à l'Egypte.

"La partie égyptienne n'a pas d'objection pour parvenir à un nouveau contrat, avec un nouveau prix et de nouvelles conditions", a-t-elle déclaré, sans donner plus de détails sur les exigences du Caire.

Un peu plus tôt dans la journée un autre membre du gouvernement, le ministre de l'Electricité Hassan Younès, avait déclaré que son pays entendait utiliser pour lui-même le gaz qu'il n'exporterait plus vers Israël, car "il nous revient en premier".

La fourniture de gaz égyptien à Israël, négociée sous le règne de Hosni Moubarak, renversé sous la pression d'une révolte populaire en février 2011, fait depuis des mois l'objet de vives critiques en Egypte, où l'on estime en particulier que le prix a été sous-évalué.

La gazoduc, qui traverse le nord de la péninsule égyptienne du Sinaï, a par ailleurs été visé depuis plus d'un an par de nombreuses opérations de sabotage non revendiquées.

L'Assemblée du peuple (chambre des députés) égyptienne, largement dominée par les islamistes, s'est félicitée lundi dans une déclaration de l'arrêt des ventes de gaz à "l'entité sioniste", estimant que cela "reflète la volonté du peuple égyptien".

Plusieurs candidats à l'élection présidentielle, dont le premier tour doit avoir lieu dans un mois, ont également salué l'arrêt de ces ventes.

Les conditions dans lesquelles ce contrat a été négocié font partie, entre autres, du dossier à charge contre M. Moubarak et ses fils Alaa et Gamal, dont le verdict doit être rendu le 2 juin prochain.

L'Egypte fournit 43% du gaz naturel consommé en Israël, où 40% de l'électricité est produite à partir de cette source d'énergie.

Le gouvernement israélien de son côté a minimisé lundi la portée de l'annulation de ce contrat avec son voisin égyptien, premier pays arabe à avoir conclu, en 1979, un accord de paix avec l'Etat hébreu.

"Nous ne considérons pas cet arrêt du gaz comme une conséquence de développements politiques. Il s'agit en fait d'un différend commercial entre la compagnie israélienne et la compagnie égyptienne", a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"Nous disposons des réserves de gaz pour rendre Israël complètement indépendant sur le plan énergétique", a-t-il aussi souligné, en allusion aux énormes gisements gaziers découverts ces dernières années en Méditerranée.

"L'accord de fourniture de gaz ne fait pas partie de l'accord de paix (israélo-égyptien), mais c'est un important contrat commercial qui montrait la stabilité des relations entre les deux Etats", a déclaré quant à lui le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman.

"L'annulation unilatérale de ce contrat n'est pas un bon signe et nous espérons que ce différend sera résolu comme tout autre différend commercial, sans lui donner une dimension politique", a-t-il ajouté depuis Bakou, où il était en visite officielle.

Le Caire a par ailleurs indiqué vouloir des "explications" des autorités israéliennes au sujet de propos attribués à M. Lieberman, selon lesquels "la question égyptienne est bien plus préoccupante que la question de l'Iran".

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Mohammed Kamel Amr, s'est "étonné qu'un haut responsable israélien puisse tenir de tels propos".

L'Egypte fournit par ailleurs 80% des besoins de la Jordanie pour alimenter ses centrales électriques. Amman a exprimé lundi son inquiétude quant aux coupures dans l'approvisionnement en gaz égyptien, liées aux opérations de sabotage sur le gazoduc, estimant que cela pourrait coûter au royaume plus de deux milliards de dollars en 2012.

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