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23/04/2012 03:21 EDT | Actualisé 23/06/2012 05:12 EDT

Le Parti socialiste compte s'attaquer au «bilan» de Nicolas Sarkozy

PARIS - Au lendemain du premier tour de la présidentielle qui a placé François Hollande en tête, son directeur de campagne Pierre Moscovici a expliqué lundi que le candidat socialiste et son équipe rappelleraient sans cesse «l'échec» de son adversaire UMP, en poste depuis cinq ans à l'Elysée.

Selon M. Moscovici, Nicolas Sarkozy et les siens ne lésineront sur aucun moyen pour tenter de conserver un pouvoir qui se dérobe à eux. Il a aussi prédit que le camp de droite sera dans «l'agressivité constante», «le dénigrement permanent, voire la violence verbale».

François Hollande restera impassible, a assuré son directeur de campagne. À ses yeux, le chef de l'État, qui brigue un second quinquennat, n'est pas en situation de donner des leçons.

M. Hollande, a recueilli 28,63 pour cent des suffrages dimanche, tandis que le président sortant se classait deuxième avec 27,18 pour cent des votes exprimés.

Il s'agit du score le plus élevé jamais réalisé par un candidat socialiste au premier tour, à l'exception du président François Mitterrand lors de sa campagne pour sa réélection en 1988. Son directeur de campagne y voit le signe d'une «adhésion forte» au projet qu'il porte, une ambition «de gauche et sérieuse, sérieusement de gauche».

Ce premier tour a montré dimanche «un rejet, un désaveu, une sanction» de la politique de Nicolas Sarkozy, a aussi estimé Pierre Moscovici.

«À chaque occasion, nous ramènerons Nicolas Sarkozy à son bilan, c'est-à-dire à son échec», a averti M. Moscovici lors d'un point presse au siège du Parti socialiste.

Il a notamment évoqué le «chômage de masse», la dette publique qui s'est alourdie de 600 milliards d'euros, le déficit commercial de la France ou encore les 450 000 emplois industriels détruits.

«Pour la première fois dans l'histoire de la Ve République, un président sortant n'est pas en tête du premier tour», a-t-il rappelé, en remarquant aussi que le total des voix obtenues par la droite parlementaire n'avait "jamais été aussi faible".

Le candidat socialiste «n'a cédé à aucune facilité, il n'a cédé à aucune surenchère», s'est félicité Pierre Moscovici.

«Ce qui a été reconnu là, c'est la qualité de sa campagne et c'est la force de sa personnalité.»

«C'est un scrutin qui marque un moment historique pour la gauche», a même analysé le directeur de campagne du favori, en observant une remontée du total des voix de gauche.

«Incontestablement, il y a maintenant un 'maul' de gauche», a analysé Pierre Moscovici, en se réjouissant de l'appel d'Eva Joly (EELV) et de Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) à voter pour François Hollande au second tour.

«Qui appelle à voter pour Nicolas Sarkozy? Qui se reconnaît dans le projet du candidat sortant?», a-t-il persiflé, le candidat UMP ne bénéficiant pour l'heure d'aucun ralliement.

«C'est en candidat du rassemblement pour le changement que François Hollande affronte maintenant le second tour», a déclaré Pierre Moscovici, en faisant part d'un état d'esprit mêlant «fierté, confiance" et optimisme raisonné».

«Nous sentons que la victoire est à portée de la main», a-t-il confié.

Le directeur de campagne a confirmé que son candidat n'acceptait qu'un débat entre les deux tours, et non trois comme le souhaitait Nicolas Sarkozy. Cette «tradition républicaine n'a aucune raison d'être bousculée» simplement parce que le candidat UMP «éprouve le besoin d'avoir un ou plus oraux de rattrapage», a lancé Pierre Moscovici.

«Nicolas Sarkozy essaie de faire penser que nous avons peur ou que François Hollande aurait peur du débat», a-t-il noté, en jugeant que "la ficelle est énorme".

«Non, François Hollande ne craint pas le débat, il l'attend et il l'attend de pied ferme», a averti Pierre Moscovici. Selon lui, cette confrontation télévisée confirmera «que l'heure est au choix entre la continuité et le changement et que les Français veulent le changement».

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