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22/04/2012 07:26 EDT | Actualisé 22/06/2012 05:12 EDT

Un journal américain publie un éditorial en une pour dénoncer le harcèlement

Dans un rare et puissant geste en faveur de la défense des droits de la personne, un journal de l'Iowa a consacré la une de son édition dominicale à un éditorial contre les tourmenteurs après qu'un adolescent homosexuel se soit enlevé la vie.

Des proches ont indiqué que Kenneth Weishuhn fils, âgé de 14 ans, avait été constamment harcelé, y compris à l'aide d'appels téléphoniques menaçants et de commentaires méprisants publiés en ligne, après avoir avoué son orientation sexuelle à des amis et à sa famille il y a environ un mois. Il est mort le 15 avril de ce que le shérif de l'endroit a seulement décrit comme «une blessure auto-infligée».

L'éditorial publié en une du Sioux City Journal demande à la communauté d'agir ouvertement pour mettre fin au harcèlement et presse ses membres d'en apprendre davantage sur le problème en allant voir le nouveau film «Bully», qui documente le harcèlement dont a été victime un élève d'une école secondaire de Sioux City. Le texte souligne également que même si plusieurs élèves sont ciblés parce qu'ils sont gays, les tourmenteurs n'ont pas besoin de raison pour agir.

Au dire de l'éditorialiste Mitch Pugh, le quotidien a déjà publié des textes d'opinions en une, mais n'avait jamais consacré toute une page à l'un de ces textes.

La mère de l'adolescent décédé, Jeannie Chambers, a déclaré la semaine dernière au journal que le reste de la famille et elle-même savaient qu'il se faisait harceler, mais n'avaient pas réalisé la portée des gestes des tourmenteurs. La soeur du jeune Kenneth a expliqué sur les ondes d'une station de télévision locale que son frère avait plusieurs amis et qu'il était très populaire à l'école secondaire South O'Brien, à Paullina, jusqu'à ce qu'il sorte du placard. Les étudiants se sont alors retournés contre lui.

La famille de Kenneth Weishuhn fils n'a pas pu être immédiatement rejointe dimanche par l'Associated Press.

Selon M. Pugh, le journal n'a pas consulté la famille avant de publier l'éditorial.

Pour Andy Marra, un porte-parole du groupe national de lutte contre le harcèlement (GLSEN), la décision du journal est «complètement logique».

L'éducation du public est absolument vitale pour faire cesser les cas de harcèlement dans les écoles, a-t-il dit, avant d'ajouter que les pressions effectuées par les communautés pourraient pousser les écoles à en faire plus.