NOUVELLES
22/04/2012 03:51 EDT | Actualisé 21/06/2012 05:12 EDT

Syrie: l'armée bombarde Douma, dans la banlieue de Damas

BEIRUT - L'armée syrienne a bombardé dimanche plusieurs quartiers de Douma, dans la banlieue de Damas, et mené des raids dans ce secteur, rapportent des militants syriens, qui font état de deux morts.

La veille, le Conseil de sécurité des Nations unies avaient approuvé à l'unanimité une résolution portant sa mission d'observation en Syrie à 300 membres, qui seront chargés de surveiller le très fragile cessez-le-feu, censé être en vigueur depuis le 12 avril. L'ONU tente ainsi de préserver la mise en oeuvre du plan de sortie de crise présenté par l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan.

Une première équipe de huit observateurs de l'ONU a commencé à travailler sur le terrain cette semaine. Selon l'agence de presse officielle syrienne SANA, des observateurs se sont rendus dimanche à Hama, dans le centre du pays, où ils ont rencontré le gouverneur. Des militants de l'opposition rapportaient de leur côté que les observateurs avaient visité Rastan, une ville tenue par les insurgés dans le centre de la Syrie.

Une vidéo amateur mise en ligne sur Internet montre deux véhicules blancs de l'ONU roulant dans Rastan, escortés par un camion rouge portant l'inscription "armée libre". L'Armée syrienne libre, qui regroupe des insurgés, est composée notamment de déserteurs de l'armée.

La veille, cinq observateurs avaient visité Homs, foyer de la contestation dans le centre du pays, qui a subi des bombardements réguliers ces derniers jours malgré la trêve. Le calme était revenu juste avant cette visite, pour la première fois depuis des mois. Deux observateurs sont restés à Homs pour continuer à surveiller la ville après le départ du reste de l'équipe.

Selon des militants, la situation demeurait calme dans la ville dimanche pour la deuxième journée consécutive. Mais l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, basé en Grande-Bretagne, faisait état de six morts dans la province.

Selon les Comités locaux de coordination (CLC), un réseau de militants sur le terrain, des explosions ont secoué Douma tôt dimanche matin alors que les troupes menaient des raids dans plusieurs secteurs de cette banlieue de la capitale, théâtre d'affrontements entre les forces de sécurité et des combattants avant l'entrée en vigueur de la trêve.

Un militant de l'opposition basé à Douma, Mohammed Saeed, a raconté que des chars bombardaient certains quartiers. D'après lui, deux personnes ont été tuées par des tirs, une information confirmée par l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, basé en Grande-Bretagne. Selon ce groupe de l'opposition syrienne, quatre soldats ont par ailleurs été tués plus tard dans la ville dans l'explosion d'une bombe au passage de leur blindé.

Toujours selon l'Observatoire, les forces de sécurité ont tué trois personnes dans la province d'Idlib dans le nord du pays et une autre a été tuée dans la nuit dans le village de Hteita, à la périphérie de Damas, quand des soldats ont ouvert le feu à un barrage routier.

De son côté, l'agence SANA rapportait dimanche qu'un membre des forces de sécurité avait été tué et 42 autres blessés dans une explosion au passage de leur autocar dimanche dans le nord du pays. Deux autres engins explosifs ont été désamorcés sur l'autoroute entre Raqqa et Alep, selon SANA.

Mohammed Saed a raconté que les violentes explosions qui ont secoué Douma dimanche avaient semé la panique chez des habitants, dont certains ont utilisé les haut-parleurs de mosquée pour appeler la population à se réfugier dans les caves et les étages inférieurs des immeubles. "Cette histoire d'observateurs de l'ONU, c'est une grosse plaisanterie", a-t-il dénoncé. "Les bombardements s'arrêtent et les chars sont cachés quand ils font une visite, et quand ils partent les bombardements reprennent".

Samedi, le Conseil de sécurité a étendu la mission d'observation qui passe de 30 à 300 membres. La résolution 2043, votée à l'unanimité, donne latitude au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon pour décider de la date du déploiement des observateurs supplémentaires, en fonction des conditions sur le terrain, notamment "la consolidation du cessez-le-feu".

Kofi Annan a salué dimanche le vote de la résolution, un "moment crucial" pour la situation en Syrie, a-t-il estimé. Il a appelé toutes les parties au cessez-le-feu et rappelé au gouvernement la nécessité de retirer armes lourdes et troupes des centres de population.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a dénoncé samedi "les violations flagrantes des droits fondamentaux du peuple syrien", qui doivent "cesser immédiatement".

Depuis plus de 13 mois, les forces de sécurité mènent une sanglante répression pour étouffer le mouvement de contestation contre le régime du président Bachar el-Assad. Selon l'ONU, plus de 9.000 personnes sont mortes dans les violences depuis la mi-mars 2011. AP

ll/sb/v0267