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22/04/2012 03:54 EDT | Actualisé 21/06/2012 05:12 EDT

Syrie: deux observateurs sont désormais basés à Homs (ONU)

Deux des observateurs internationaux en Syrie depuis une semaine pour surveiller le fragile cessez-le-feu "sont restés à Homs" (centre), à la demande des habitants de cette ville symbole de la révolte et de la répression, a annoncé dimanche un responsable de l'ONU.

"Depuis samedi soir, deux Casques bleus sont basés à Homs où ils ont effectué samedi une visite", a déclaré à l'AFP Neeraj Singh, un responsable de l'équipe avancée de l'ONU.

"C'était une longue visite où les Casques bleus ont rencontré les autorités locales et toutes les parties. Ils ont parlé aux gens, fait un tour dans la ville et se sont arrêtés dans différentes zones", a-t-il expliqué.

Pour le moment, "huit observateurs se trouvent en Syrie, ils seront rejoints par deux autres lundi", a précisé M. Singh.

Dimanche, le calme régnait à Homs et dans sa province, a indiqué à l'AFP un militant.

"Ce matin, le calme règne. Les forces du régime respectent le cessez-le feu en raison de la présence des observateurs", a déclaré Hadi Abdallah, de la Commission générale de la Révolution syrienne (CGRS), redoutant que "les violences reprennent lorsque les observateurs auront quitté" la ville.

Selon M. Abdallah, une partie des observateurs devaient visiter dimanche Talbisseh, Rastane et Qousseir dans la province de Homs, et aller ensuite plus au nord dans la région de Hama, avant de retourner à Damas.

Des vidéos ont montré le colonel Ahmed Himmiche, chef des observateurs, visitant Rastane, une ville tenue depuis plusieurs mois par les insurgés, aux côtés du chef rebelle du Conseil militaire de la région de Homs, le colonel Saadeddine Kassem, entouré par une foule d'habitants.

Le colonel Kassem, également porte-parole de l'Armée syrienne libre (ASL, formée de déserteurs), a affirmé à l'AFP que des tirs d'intimidation avaient eu lieu depuis un barrage militaire au loin pour disperser les habitants.

Les observateurs se sont ensuite rendus à Hama, capitale de la province voisine du même nom, notamment sur une place où s'étaient tenues des manifestations montres anti-régime durant l'été, selon Abou Ghazi Hamoui, un militant sur place.

L'agence officielle Sana a également indiqué qu'"une équipe d'observateurs visit(ait) Hama et rencontr(ait) le gouverneur de la ville".

Samedi, à Homs, des habitants et l'ASL avaient demandé aux observateurs de rester sur place lors d'une réunion, selon une vidéo mise en ligne par des militants.

"C'est le premier jour depuis deux mois, depuis exactement le 5 février, qu'il n'y a pas de bombardement à Homs, pas de tuerie", déclare en anglais un habitant du quartier rebelle de Khaldiyé. "S'il vous plaît, restez-avec nous, c'est très important. Lorsque vous êtes là, le pilonnage s'arrête".

Dans une autre vidéo de la même réunion, un officier de l'Armée syrienne libre, Abdel Razzak Tlass, affirme aux observateurs que s'ils "restent là, ils seront protégés" par l'ASL.

"Maintenant si vous partez, ils (le régime) vont poursuivre leurs opérations militaires. Ils utilisent des chars, du mortier, des lance-roquettes. Avec votre présence, tout cela s'est arrêté. Nous vous demandons de rester, au moins deux d'entre vous", poursuit-il.

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