NOUVELLES
22/04/2012 10:18 EDT | Actualisé 22/06/2012 05:12 EDT

Les États-Unis saluent la reprise des combats contre al-Qaïda au Yémen

SANAA, Yémen - L'ambassadeur américain au Yémen a indiqué dimanche qu'un récent remaniement militaire avait permis d'améliorer les combats contre al-Qaïda, qui a profité des tensions internes pour prendre le contrôle de certaines parties du sud du pays.

Gerald Feierstein a également déclaré à des journalistes assemblés dans la capitale, Sanaa, que Washington était inquiet à propos de responsables yéménites qui résistent aux réformes ordonnées par le nouveau président, Abed Rabbo Mansour Hadi. Celui-ci a remplacé le chef d'État de longue date Ali Abdullah Saleh après un an de manifestations et de révolte.

L'armée yéménite a repris du poil de la bête dans son offensive contre la dangereuse branche nationale d'al-Qaïda après que M. Hadi ait annoncé le remplacement de loyalistes de l'ancien président par de nouveaux officiers. Pendant ses plus de 30 ans passés au pouvoir, M. Saleh a pourvu des postes clés au sein des services gouvernementaux et du gouvernement avec des proches et des hommes de confiance. L'un des principaux défis de M. Hadi est de les extirper de l'appareil décisionnel dans le cadre de réformes urgentes dans le combat contre le réseau terroriste.

Le Yémen a reçu des centaines de millions de dollars en aide américaine au cours des années. Les États-Unis ont également été directement impliqués dans le combat contre al-Qaïda, menant des frappes contre des militants yéménites à l'aide de drones.

Des responsables militaires ont d'ailleurs indiqué qu'au moins quatre personnes avaient été tuées dimanche lors d'une attaque aérienne américaine contre un convoi de trois véhicules transportant possiblement des militants d'al-Qaïda dans la région désertique d'al-Sanda.

Washington n'a pas immédiatement commenté l'attaque. Une frappe similaire dans la même région, l'an dernier, avait coûté la vie à Anwar al-Awlaki, un imam d'al-Qaïda né aux États-Unis.

L'armée yéménite a affronté des militants terroristes dans le sud du pays, dimanche, lors d'une deuxième journée de combats en banlieue de Zinjibar, la capitale de la province d'Abyan (sud). La ville a été capturée par al-Qaïda l'an dernier. L'offensive militaire contre cette localité est la première depuis plusieurs mois.

Dans la foulée des réformes décidées par le président Hadi, certains responsables, dont le demi-frère de l'ex-président, commandant des forces aériennes, et son neveu Tariq, qui dirigeait la garde présidentielle, ont refusé de démissionner.

L'ambassadeur Feierstein a mis en garde contre le fait que la communauté internationale pourrait agir contre des membres de l'ancien régime si les directives du nouveau président n'étaient pas respectées.

Le Conseil de sécurité de l'ONU, qui doit discuter d'un rapport de son envoyé au Yémen dans les prochaines semaines, pourrait imposer des sanctions économiques contre M. Saleh, bien que M. Feierstein ait précisé qu'un tel geste était «prématuré».