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22/04/2012 04:21 EDT | Actualisé 22/06/2012 05:12 EDT

Hollande affrontera Sarkozy au deuxième tour de l'élection présidentielle

PARIS - François Hollande et Nicolas Sarkozy sont arrivés en tête du premier tour de l'élection présidentielle française, marqué d'un précédent dans l'histoire de la Ve République, et lors duquel environ quatre Français sur cinq se sont prévalus de leur droit de vote, dimanche.

M. Hollande semble être le mieux placé pour remporter le deuxième tour mais rien n'est joué, particulièrement en raison des résultats obtenus par la candidate d'extrême-droite Marine Le Pen. À cet effet, M. Hollande recueillerait de 54 à 56 pour cent des intentions de vote au second tour, contre 44 à 46 pour cent pour le président sortant, selon trois sondages réalisés dimanche soir.

Un sondage Ifop Fiducial pour Europe-1, Paris-Match et Public Sénat lui accorde 54,5 pour cent d'intentions de vote contre 45,5 pour cent au président sortant. Il indique que les électeurs de Jean-Luc Mélenchon se reporteraient à 83 pour cent sur M. Hollande et ceux de François Bayrou à 38 pour cent pour M. Sarkozy (et 32 pour cent pour M. Hollande). Les électeurs du FN se reporteraient à 48 pour cent sur M. Sarkozy et à 31 pour cent pour M. Hollande.

Une seconde enquête d'opinion, menée par Ipsos-Logica Business Consulting pour France Télévisions, Radio France, Le Monde et Le Point, donne un rapport de 54-46 pour M. Hollande. Côté report, les électeurs de M. Mélenchon se reporteraient à 86 pour cent sur M. Hollande. Ceux de M. Bayrou à 33 pour cent pour M. Hollande (et 32 pour cent pour M. Sarkozy). Les électeurs du FN se reporteraient à 60 pour cent sur M. Sarkozy et à 18 pour cent pour M. Hollande.

Enfin, un sondage CSA pour pour BFM-TV, RMC, i>télé et 20 Minutes donne un rapport encore plus large avec 56-44 pour le candidat socialiste. Pour les reports, les mélenchonistes seraient 93 pour cent à se tourner vers lui, tandis que 40= pour cent des électeurs de M. Bayrou en feraient de même (25 pour cent pour M. Sarkozy). Enfin, les électeurs FN se reporteraient à 52 pour cent sur le président sortant contre 27 pour cent sur M. Hollande.

Après le dépouillement de 93 pour cent des bureaux de scrutin, M. Hollande recueillait 28,4 pour cent des votes exprimés, comparativement à 27 pour cent pour M. Sarkozy, selon des chiffres du ministère de l'Intérieur. C'est la première fois qu'un président sortant n'est pas en tête à l'issue du premier tour depuis le début de la Ve République. Marine Le Pen arrivait troisième avec un score de 18,3 pour cent, un résultat sans précédent dans les annales du Front national. Jean-Luc Mélenchon, du Front de gauche, se classait quatrième, à 11 pour cent.

Le changement est désormais en marche", a déclaré François Hollande.

"Rien, je dis bien rien ne l'arrêtera", a-t-il lancé devant ses partisans à Tulle, en Corrèze.

M. Hollande a exhorté les électeurs à voter pour lui au second tour pour "redresser la France dans la justice avec un nouveau président de la République qui rassemblera".

"Le 6 mai, je veux une victoire, une belle victoire, à la hauteur de la France, de son histoire et de son avenir", a ajouté François Hollande, dont le slogan de campagne est "Le changement, c'est maintenant".

Nicolas Sarkoz a appelé "tous les Français qui mettent l'amour de la patrie au-dessus de toute considération partisane" à "s'unir" derrière sa candidature. Il a par ailleurs proposé de faire "trois débats" avec son adversaire socialiste François Hollande.

"Les Français ont exprimé un vote de crise témoignant de leurs inquiétudes, de leur souffrance et de leur angoisse face au nouveau monde qui est en train de se dessiner", a analysé le président-candidat, lors d'un bref discours devant ses partisans, salle de la Mutualité à Paris.

Les deux candidats qualifiés pour le second tour "ont maintenant un devoir de vérité et un devoir de courage, a-t-il affirmé. Le moment crucial est venu, celui de la confrontation des projets".

Galvanisée par son excellent score, Marine Le Pen a estimé que le Front national était "désormais la seule et véritable opposition à la gauche".

"Quoi qu'il puisse arriver dans les 15 jours à venir, la bataille de France ne fait que commencer", a lancé la candidate du FN lors d'un rassemblement de son parti, salle Equinoxe à Paris.

"Rien ne sera plus jamais comme avant car, face à tout le système coalisé (...), nous tous ensemble avons fait exploser le monopole des deux partis de la banque, de la finance, des multinationales, du renoncement et de l'abandon", a-t-elle asséné, salué par des "Marine! Marine!".

Aux yeux de la présidente du FN, qui pense déjà aux législatives de juin et ne donnera aucune consigne de vote avant le 1er mai,

De son côté, M. Mélenchon a appelé immédiatement les électeurs du Front de gauche à se mobiliser le 6 mai "pour battre Sarkozy"

«Je vous appelle à vous retrouver le 6 mai sans rien demander en échange (...) pour battre Sarkozy", a lancé le candidat du Front de gauche à l'occasion d'un rassemblement organisé par sa formation place Stalingrad à Paris.

"Je vous demande de ne pas traîner les pieds, je vous demande de vous mobiliser comme s'il s'agissait de me faire gagner moi-même l'élection présidentielle", a ajouté le député européen, invitant ses électeurs à ne demander "rien en échange".

Les sympathisants socialistes ont explosé de joie lorsque les estimations des résultats du premier tour de la présidentielle se sont affichés dimanche sur grand écran devant le siège du PS, rue de Solférino, à Paris.

Devant le bâtiment, ils trépignaient d'impatience dans les minutes précédant 20h. Et lorsque l'avance de François Hollande a été confirmée, ils ont sauté sur place, applaudissant et agitant des drapeaux du PS et de leur candidat.

Le candidat centriste François Bayrou a reçu de 8,5 à 8,9 pour cent des suffrages. Il sera sans doute fortement sollicité au cours des prochains jours par les camps Hollande et Sarkozy.

En attendant, M. Bayrou, n'a pas donné de consignes de vote pour le second tour de l'élection présidentielle, mais il a affirmé qu'il prendra "ses responsabilités".

"Je vais m'adresser aux deux candidats sélectionnés pour le deuxième tour. Je vais leur dire ce qui est pour nous l'essentiel en termes de valeurs, en termes d'actions à conduire. J'écouterai dans les jours qui viennent leurs réponses et je prendrai mes responsabilités", a-t-il déclaré lors d'une brève allocution.

Il a reconnu que son score était "au-dessous" de ses attentes. "Mais ce que nous avions vu et diagnostiqué de l'état du pays est plus impressionnant que jamais. Le mal français est là et il s'aggrave. Et le seul chemin disponible pour en sortir, ce sera un jour ou l'autre celui que nous avons proposé aux Français, une politique nouvelle, courageuse, qui aille pour une fois au fond des choses, soutenue par une union nationale pour remettre le pays sur ses rails", a-t-il déclaré.

C'est la dégringolade pour la candidate du mouvement écologiste Éva Joly qui doit se contenter d'environ 2 pour cent, devançant à peine l'obscur candidat Nicolas Dupont-Aignan.

Les autres petits candidats, Philippe Poutou, Nathalie Arthaud et Jacques Cheminade se partagent les miettes.

Le deuxième tour de l'élection présidentielle, au cours duquel s'affrontera les deux candidats les mieux placés, se déroulera le 6 mai.